Band 
Tome second. Campagne de 1792.
Entstehung
Seite
379
JPEG-Download
 

PIÈCES JUSTIFICATIVES.

Les diètes de Frauenfeld et dArau avaient successive-ment annoncé que, malgré les griefs de la Suisse , elleresterait neutre. Il est vrai que des questions de guerrefurent agitées à Berne particulièrement ; mais rien nefaisait soupçonner quelle dût avoir lieu ; et tout devaitporter les Français à léviter avec soin dans ce momentcritique.

Les Genevois , inquiets du voisinage de larmée deMontesquiou, réclamèrent à Berne et à Zurich les se-cours stipulés par les anciens traités de i584, afin demettre du moins leur ville à labri dune surprise.Jusque- il ne sagissait que dun cordon de neutralitédans lintérieur de la confédération suisse , et point dutout dun renversement de la constitution de Genève ,seul cas qui autorisât lintervention de la France , con-formément au traité de 1782. On argumenta dans cesdébats avec subtilité sur la question la plus simple ; etla révolution effectuée au mois de janvier suivant, aprèsle départ des Suisses , prouva assez que cétait luni-que but du ministère influencé par Clavière; les droitsde la France dans le traité de 1782, ny entraient pourrien. Le conseil exécutif, informé par les amis de Cla-viere, de la demande de 1600 Suisses , prit le 28septembre un arrêté déclarant cette mesure contraireau traité de 1782, dont le 2 e article portait que larépublique de Genève ne pourrait introduire sur sonterritoire aucunes troupes étrangères sans le consente-ment des trois parties qui avaient conclu ce traité ; ildéclara de plus que, vu les dispositions malveillantesdu canton de Berne envers la république française, larésolution des magistrats de Genève de prendre à leurs