34 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION,avec l’ouvrage à corne de Pradella; il ne restedonc à l’assiégé que la dernière.
L’assiégeant peut augmenter ou diminuer leseaux , dessécher ou inonder les marais en faisantauMincio des saignées et des batardeaux, ce quilui est très-facile quand il est maître dePescliiera.Enfin, les digues ou chaussées qui mènent à Pra-della sont en terre, et leur grande largeur permetà l’assiégeant d’y faire cheminer ses tranchées.Le directoire cisalpin était aussi bien informé dela faiblesse de Mantoue que celui de France ; ilavait même arrêté de vastes projets d’améliora-tion , tant pour remédier aux défauts des retran-chemeus de Migliaretto et de Pradella, que pouragrandir la sphère d’activité de la citadelle et deSt.-Georges, assainir les environs de la place etlui faciliter les sorties; mais le manque de fonds ,une confiance trop présomptueuse dans la for-tune des armes républicaines, en avaient ajournél’exécution. D’ailleurs, malgré tous ses défauts,le rôle joué par cette place pendant la campa-gne de 1796, exagérait à beaucoup de militairessa valeur absolue. La nécessité où Bonaparte s’é-tait vu d’en lever le siège après 12 jours de tran-chée, l’impossibilité de le reprendre après lesbatailles de Castiglione faute d’artillerie ; toutavait contribué à lui donner une réputationqu’elle ne méritait pas.