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LIVRE XV, CHAP. XCVIII. 3 q 5
donnaitla constitution; mais ils prirent le changeet restèrent plongés dans un état d'iuertie qu’oneût été tenté de prendre pour de la stupeur. D’unautre côté, les meneurs des conseils savaienttrop bien que personne n’élèverait la voix eufaveur de cette majorité monstrueuse du direc-toire. Les revers des armées, préparés par sonincurie , les malversations et la morgue insolentede ses agens civils et militaires, judiciaires et di-plomatiques, n’étaient pas les seules causes dela haine qu’on lui portait. C’était surtout à l'im-moralité du chef de ce triumvirat, que les dé-partemens attribuaient l'irruption de cette nuéed’employés avides qui eu dévoraieut toutes lesressources. On lui reprochait encore l’arbitraireet le désordre de toutes les parties de l’adminis-tration, l’inégale répartition des charges publi-ques entre les hommes du jour et ceux qu’il af-fectait de considérer comme ennemis de l’Etal;enfin on imputait à Barras jusqu’à la honteusedépendance des tribunaux ; car Moulins et Go-hier, récemment recouverts du manteau direc-torial, n’ayant pas eu le temps de participeratant d’odieuses mesures, il assumait sur sa têtetoutes les charges de la responsabilité.
Au dehors, dans les armées, les triumvirs necomptaient aucun appui. D’ailleurs les victoiressignalées de Masséna en Helvétie, et de Brune enHollande, étaient compensées paries défaites de