LIVRE XV, CHAP. XCVIII. 4 21
pu y voir un pas vers le perfectionnement desinstitutions constitutionnelles; car ses auteursavaient pris eu même temps toutes les précau-tions nécessaires pour anéantir l’influence dé-mocratique, si elle menaçait de nouveau d'in-troduire des semences d’anarchie. A la vérité , ilen était résulté un inconvénient assez grave, celuide rendre illusoire les garanties qu’on pouvaitse promettre d’une représentation nationale. Eneffet, le sénat, dont la formation était attribuéeau premier consul, élisait à sou tour, sur deslistes réduites d’éligibilité, les membres du tri-bunal et du corps législatif; en sorte que la na-tion n’avait pas même, comme aujourd’hui, unechambre de députés de son choix.
De riches traitemeus furent alloués par laconstitution aux diverses fonctions qu’elle recon-naissait. ils assurèrent au premier consul , dequi ces grâces émanaient plus ou moins directe-ment, le cortège et l’appui d’une foule d’ambi-tions, empressées d’y chercher un équivalentdes déprédations de la fortune publique , aux-quelles le j 8 brumaire avait mis un terme. Aussile germe de pouvoir absolu , renfermé dans lanouvelle charte, ne larda-t-il pas à se dévelop-per, et l'on vit bientôt les corps constitutionnelstravailler à l’envi à élargir les bases de la monar-chie consulaire. Les auteurs de la constitutionavaient même évité de reconnaître la liberté de