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bitraires des ministres, fait honneur aux prin-cipes philosophiques de ses auteurs; mais c’étaitune brillante utopie ; car le sénat, privé detoute influence dans les transactions journalièresdu gouvernement, n’ayant pas plus de partala législation qu’à l’administration, ne fut bien-tôt qu’un monstre politique , instrument hon-teux de tous les empiètemens qu’il était spécia-lement chargé de repousser.
Quoique le peuple n’eût pas lieu de s’applau-dir beaucoup de l’exercice de sa souverainetédepuis qu’on l’avait proclamée, cependant ledogme en fut consacré, par prudence sans doute,parce qu’on crut le parti populaire encore troppuissant pour heurter ses maximes favorites.
Mais on priva la multitude de l’examen immédiatde ses droits, regardés depuis la révolutioncomme la pierre fondamentale de l’édifice répu-blicain. A peine laissa-t-on au peuple l’électionde ses juges de paix; pour toutes les fonctionsnationales, sa puissance fut restreinte au droitde présentation, encore eut-on soin de prévenirle mauvais usage qu’il en pourrait faire , par unetriple notabilité, et en accordant au sénat la fa-culté de frapper de nullité les listes d’éligihles ,dans le cas où elles ne seraient pas à la conve-nance du gouvernement.
Telle était cependant la lassitude du peupl 6 La France français , et la force d’opinion dont jouissait' y^lopte