336 PIÈCES JUSTIFICATIVES.
Quant à l’armistice , nous pensons toujours que, s’ilne pouvait être que île courte durée, il nous serait dés-avantageux, sans la possession de Mantoue . La dé-tresse où doit se trouver enfin cette place, et la crainteque témoigne le général Alvinzi de ne pouvoir la se-courir, nous offrent des chances favorables pour at-tendre la reddition.
Il est vrai que le fort de Kehl est dans une situationfâcheuse, et à la veille de nous être enlevé ; mais leprince Charles ayant refusé d’accepter un armistice surle Rhin , basé sur le statu quo , il est à croire qu’ilpoursuivra son siège avec opiniâtreté. Toutes ces con-sidérations ajoutent un nouveau poids à l’opinion dugénéral en chef contre une suspension d’armes, qui nenous serait d’aucun avantage sur le Rhin , puisque lesort de Kehl sera décidé vraisemblablement avant qu'ony puisse profiter de ses conditions, et qui nous seraitmeste en Italie si Mantoue n’était pas en notre pou-’oir.
A l’égard du Pape, il ne peut être compris dans l’ar-mistice, qu’autant qu’il exécutera sur-le-champ lesconditions de celui qui a été conclu particulièrementavec lui, avec des dédommagemens convenables; maissou obstination, si elle se prolonge encore, nous of-frira l’occasion de nous dédommager nous-mêmes parla force des armes dans l’état de l’Eglise, des effets desa mauvaise foi.
Les secours puissans que nous faisons passer en Ita lie , doivent être aussi pris en considération dans labalance de nos droits.et de nos intérêts avec ceux del’Empereur.