l5a HISTOIRE DES G O ERRES DE LA REVOLUTION.
blent; on grimpe à ce col en une heure et demiepar des rampes dont la roideur n’est guère au-dessous de 45 degrés. Arrivé entre les deux gla-ciers , au point de séparation des eaux, on re-descend vers l’hospice situé sur le plateau prin-cipal, mais déjà au versant méridional. Ce pla-teau de 600 toises, près duquel on se croirait auterme de l’entreprise, en est peut-être le pointle plus dangereux. Les vents les moins forts euplaine, causent ici, parleur croisement dans lesgorges, des tourmentes terribles; dans la bellesaison elles sont plus effrayantes que dangereu-ses; mais lorsque des flots de neige , soulevés parles vents, s’amoncèleut sur un point avec la ra-pidité de l’éclair, on est engouffré en un clin-d’oeil, ou jeté par le tourbillon dans des préci-pices que l’on n’aperçoit plus. Mais laissons par-ler Mathieu Dumas lui-même, dont les descrip-tions sont à la fois si élégantes et si lucides.
« En été, lorsque le sentier est bien frayé,» on peut aller en trois heures du village dew Splugen à l’hospice ; mais quand les neiges» nouvelles ont effacé toutes les traces dans ces» hautes régions où il n’y a plus de végétation» d’arbres ni d’ai'bustes; quand les avalanches» et la violence des vents ont enseveli ou em-» porté les balises qui jalonnaient le sentier, et» changé même la configuration du terrain, on» ne peut avancer que pas à pas : il faut s’assu-