LIVRE XVII, CHAP. CVII. 203
risque d’être enlevés ou fortement entamés : dès-lors il paraît préférable de pousser l’ennemi enretraite avec vigueur sur un seul point, en cher-chant même à l’attirer sur les autres, et en thèsegénérale ce point ne doit jamais être sur la queuedes colonnes.
Du reste, ces petits combats corps à corps, en-tre des têtes et des queues de colonnes, quoiquepropres à former d’excelleus officiers, n’ont rienque l’histoire doive recueillir. Celui d’Armeola,livré le g janvier, et glorieux pour la divisionDelmas, ne fait pas exception à cette règle.
Brune, arrivé devant la Brenta , avait un puis-sant motif de ne pas laisser l’ennemi paisiblederrière cette rivière; car si Moncey débouchaitdu Val-Sugana sur Bassano , comme il en avaitl’ordre, il devenait urgent de le seconder pourqu’il ne tombât pas seul au milieu de toute l’ar-mée ennemie. Les dispositions furent donc faitesdès le 10 janvier, pour passer la Brenta le 11 :l’effort principal fut dirigé par Suchet et Michaudsur Citadella, taudis que Loison et Watrin mar-cheraient à droite par Camisano sur Curtarolo ,et que Gazan ferait une démonstration du côtéde Bassano, autant pour se lier à Moncey quepour partager l’attention de l’ennemi, et l’em-pêcher de réunir toutes ses forces devant Cita-della.
Ces mesures qui avaient le défaut de porter
La retraite