LIVRE XVII , CHAP. CVII. 207
trouvent en avant de la Piave entre les routesde Vidor et de Cornegliano. L’avant-garde et lecentre se porteraient sur Lovadino , et la droiteà Fontone. Cette demi-conversion ou plutôt cesaillant formé sur le centre de l’ennemi, donnaitl’espoir d’enlever toutes les troupes qu’il persis-terait à tenir sur sa gauche autour de Trévise eten avant de la Piave. L’arrivée du comte de Ho-henzollern, envoyé en parlementaire par le gé-néral Bellegarde, pour traiter d’un armistice,rendit ce projet superflu en arrêtant l’arméefrançaise en pleine marche.
Cependant Sébastiani avait déjà occupé Tré-vise , et poussait l'ennemi devant lui, tandis quele général en chef arrivait à Villa-Orba avec lecentre. Un escadron autrichien cherchant à re-gagner la Piave, donna sur quelques officiers deson état-major près de St.-Gratien ; mais somméparles aides-de-camp Laharpe , Petiet et le co-lonel Mosel, il se crut réellement coupé, et mitbas les armes.
Brune, malgré son attitude victorieuse, con-sentit à un armistice, et chargea Sébastiani etMarmont de le conclure ; la longueur de sa ligned’opérations, que le voisinage des places de Man-toue, Vérone et Peschiera , encore occupées parles Impériaux , rendait précaire; la difficulté desvivres dans un pays, épuisé par le long séjour desdeux armées, lui fit préférer le solide au bril-