LIVRE XVII, CIIAP. CVII. 311
douaniers et soldats, rassemblés par le tocsin,firent main-basse sur plusieurs détachemensfrançais épars dans cette contrée, et investirentles dépôts restés dans Ivrée . L’explosion devaitavoir lieu le même jour à Turin ; mais Soult,prévenu à temps, fit cerner le faubourg du Pô,et arrêter les coupables, par les bataillons pié-montais qui en formaient la garnison. L’appa-rition inopinée des colonnes de Murat, con-tribua sans doute puissamment à étouffer cemouvement insurrectionnel, d’autant plus dan-gereux, que peu de jours après cette levée deboucliers, les Napolitains se décidèrent à envahirla Toscane .
Le canon de Marengo avait ébranlé de nou-veau le trône de Ferdinand IV ; la sanglante réac-tion dont il avait souillé son retour à Naples ,bien quelle eût comprimé les esprits, avaitallumé dans tous les coeurs la soif de la ven-geance; et sur les revers brûlans du Vésuve ,on savait assez à quelles extrémités le partiopprimé se porterait, si jamais les enseignesrépublicaines venaient à franchir une secondefois le Tibre .
Cédant aux sollicitations des Anglais , lesconseillers de Ferdinand avaient paru persuadésque le meilleur moyen d’éviter une invasion,serait de concourir avec l’Autriche à la défensede la Toscane et de la Romague ; mais la reine
> 4 *