322 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.Laisser Morlot vers Zernetz, et Baraguey-d’Hil-liers à Bormio , tandis qu’il descendait lui-raêinele col d’Apriga , c’était disperser ses forces sansmotif plausible ; ces corps eussent tout aussibien surveillé les troupes d’Auffemberg en res-tant liés de plus près au gros de l’armée des Gri-sons, dont ils auraient pu mieux seconder lesentreprises ou être soutenus à leur tour. En unmot, il eût paru plus convenable de déboucheravec eux vers Glurns et Méran , ou de les ra-battre sur le Tonal pour se porter de concert àTrente. Si l’armée des Grisons et la division Ro-cbambeau eussent débouché ensemble contrecette ville, on aurait pu se dispenser de détacherMoncey de l’armée de Brune, car il devenaitinutile de chasser Laudon et Rousseau de R.ove-redo, où ils eussent été entièrement coupés. Lacrainte d'être resserré dans des vallées étroites,mais plus encore l’embarras de faire vivre sestroupes concentrées dans un pays peu fertile,sont des motifs atténuans : nous ne nous permet-trons donc pas de prononcer sur des reprochesque nous admettrions sans hésiter, s’ils s’appli-quaient à d’autres contrées. C’est, au reste, trops’appesantir sur des opérations secondaires; quit-tons ces provinces ultramontaines où la tranquil-lité paraît rétablie , pour revenir au nord où s’esttransporté le théâtre des grands événemens.
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