LIVRE XVIII, CHAP. CVIII. 233
Prusse et à l'Espagne; dominant en Italie , euHollande, en Suisse ; se ménageant avec art lesmoyens d’en faire autant dans l'Empire ; influen-çant le Danemarck ainsi que la Suède ; réconci-liée avec l’Autriche ; en un mot, arbitre souve-raine depuis le golfe de Tarente jusqu’au Texel,elle offrait un tableau aussi différent de celui de1799, que pourrait l’être celui des dernières an-nées du règne de Louis XIY, de l’époque bril-lante où cet heureux monarque parlait en maîtreà tous les potentats étonnés. ■>
Un changement si subit dans les relations ex-térieures de la république, réagit au dedans ;l’esprit départi se calma. Tous les bons Français ralliés sous les bannières d’un gouvernementjuste-et ferme, oublièrent leurs dissentimenspolitiques pour ne s’occuper que des moyens deréparer les brèches faites à leur fortune pendantles derniers troubles: le commerce et l’industrieprenaient un nouvel essor. Tous les citoyens secroyaient enfin appelés à recueillir le fruit deleurs sacrifices. Quelques fanatiques seulements’agitaient dans l’ombre pour renverser un gou-vernement, qui, concentré dans la personne d’unseul homme, paraissait plus facile à ébranlerqu’à l’époque, où il reposait sur la masse entièredu parti républicain.
A peine les Jacobins avaient-ils échoué le 10octobre à l'Opéra, qu’un complot, non moins