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[Tome quatorzième. Campagnes de 1800 et de 1801. - Tome quinzième. Campagnes de 1802 - 1802.]
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LIVRE XVIII, CHAP. CIX. 2gl

de rétablir la marine des deux nations, on au-rait alors quelque sujet de censurer la politiquedu favori de Charles IV . Mais l’intérêt britanniques’alliait trop mal avec la prospérité de l’Espagne ,pour laisser le moindre espoir de faire prendre lechange au ministère anglais ; il fallait dès-lors,ou le combattre ou lui laisser jeter sans obstacleles fondemeus de l’empire universel des mers,qui amènerait tôt ou tard l’émancipation del’Amérique .

Loin d’imiter les écrivains qui jugent aprèsl’événemeut, et de répéter les reproches dontils ont accablé le prince de la Paix, nous lui fe-rions volontiers le reproche contraire; c’est-à-dire, d’avoir lourdement traîné sa politique à lasuite des circonstances, et voulu changer desystème en 1806, lorsqu’après le désastre deTrafalgar, il vit peser sur l’Espague tous lesmaux d’une guerre maritime mal conduite. Placezun Mazarin , un Ximénès, au poste de Godoï; iln’eût pas manqué de s’allier aussi étroitementque lui à la France ; mais il eût combiné avecelle des efforts dignes d’uue grande nation ; il eûtfait à l’Angleterre une guerre à outrance. Impri-mant au peuple espagnol toute l’énergie dont ilest susceptible, il eût tendu les moindres res-sorts de l’administration intérieure vers la res-tauration de la marine : l’influence du clergé ,l’orgueil national, l’intérêt du commerce, eus-

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