LIVRE XVJIl, CHAP. CIX. 3o3
à la dignité de roi d’Etrurie , ne mettait plusde bornes à son attachement pour la France ,lorsqu’une intrigue de cour vint, à ce qu’on as-sure, répandre un nuage sur cette bonne harmo-nie. Lucien Bonaparte , frappé de l’ascendantdont jouissait son frère, et des rapports politi-ques qui existaient entre les deux Etats, avaitdit-on imaginé, dès cette époque, de propo-ser au premier Consul de répudier Joséphine ,dont il ne pouvait plus espérer d’eufans, et delui faire épouser l’infante Isabelle, fille de Char-les IY ( 1 ). Ce projet d’abord goûté à Paris comme à Madrid , rencontra ensuite des obsta-cles dans l’aUec tion de Bonaparte pour Joséphine ,ainsi que pour Hortense et Eugène Beauharnais ,fruits de son premier mariage : Lucien reçutdonc l’ordre de n’en plus parler. On ne sauraitdisconvenir que cette alliance eût offert desavantages plus réels que celle contractée eni8io avec la maison d’Autriche. L’union de Bo-naparte eût évité la désastreuse guerre d’Es-pagne, empêché celle de Russie , et changé pro-bablement le sort de l’Europe . Si cette négocia-tion fut réellement entamée, elle fait honneur
( i) Nous citons cc fait d’après les Mémoires anonymes d’un se-crétaire de Lucien, et des renseignemens particuliers qui noussont parvenus d’un autre coté : il serait difficile de le garantir ;mais il est assez vraisemblable pour qu’ou puisse y ajouter foi.