36a HISTOIRE DES GUERRES DE LA REVOLUTION,passer le détroit, fut attaquée dans sa marchepar un batiment d’égale force. La frégate fran-çaise, encombrée de fantassins et d’elFets, nepouvait manoeuvrer que pour l’abordage, et lesAnglais l’évitant avec soin ne ripostaient que parle feu meurtrier de leurs batteries. Les troupesde terre conservant l’espoir d’aborder, cbaeuuse disputait l’honneur d’arriver le premier. Lessoldats, sourds à la voix de leurs chefs , encom-braient les gaillards et le tillac, de manière àentraver toute la manoeuvre : en vain les bouletsennemis balayaient le pont, personne ne vou-lait le quitter. Le capitaine Saulnier y perdit lavie, le général et le colonel commandant lestroupes, furent blessés. Plus de 3oo tués oublessés attestaient l’héroïque démence de cesbraves. Mais les canons de la frégate étaient dé-montés sans avoir causé grand mal à l’ennemi,elle était de plus désemparée, et menaçait decouler bas, quand elle amena son pavillon. Cetévénement d’autant plus déplorable qu'il avaitquelque chose d’humiliant, prouva uniquementque dans un combat naval, la bravoure peutmoins que l’expérience et le calme, et que lasupériorité des manoeuvres du bâtiment et dufeu de l’artillerie y décident tout.
Bonaparte Bonaparte, instruit du retour de Ganlbeaume,
fait repartir . „ -, , . . -,
Ganilieaume en conçut un vit dépit ; la certitude que 1 eu-nemi aurait déjà effectué sou débarquement,