LIVRE XVIII, CHAP. CXI. 3 ']']
gociation. Ce rapprochement tant désiré ne sem-blait guère plus facile qu’au commencement der8oo, car la France et l’Angleterre avaient tropde concessions à se faire, trop de prétentions àsoutenir.
La première annonçait hautement l’intentiond’ajouter le Piémont aux agrandissemens qu’elleavait déjà obtenus eu Belgique, sur le Rhin et dansles Alpes maritimes : il était difficile néanmoinsqu’elle conservât toutes ces possessions , et pré-tendit enlever à sa rivale, celles qu’elle avaitconquises dans les quatre parties du Monde, etque nulle puissance n’était en état de lui ravir.
La France pouvait alléguer à la vérité que lesétats prépondérans du continent, s’étaient ac-crus en proportion des conquêtes de la répu-blique, et que le système d’équilibre de 1792,n’était pas beaucoup changé en sa faveur. Sousle rapport maritime, elle gagnait, il est vrai An-vers , et l’inlluence sur la Hollande, réduite enquelque sorte à une préfecture française ; maiselle perdait sou ascendant dans les Antilles , sesalliés dans l'Inde , et presque tout moyen desoutenir dans les deux hémisphères la concur-rence avec le commerce anglais , surtout entemps de guerre. L’Angleterre au contraire,maîtresse de l’Egypte, de Malte, de Minorque ,de Porto-Ferrajo, de Gibraltar, du cap de Bonne-Espérance, de Ceylan, de la Martinique , de la