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[Tome quatorzième. Campagnes de 1800 et de 1801. - Tome quinzième. Campagnes de 1802 - 1802.]
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LIVRE XVIII, CHAP. CXI. 38l

nation aussi puissante sur mer, que redoutablechez elle par son patriotisme et son esprit belli-queux , il n’en est pas moins certain que les si-mulacres d’une descente obligeaient l’Angleterreà des préparatifs de défense ruineux , à une acti-vité fatigante pour ses milices, ennuyeuse pourla nation, et décourageante pour son commerce.

La France au contraire, gagnait à réunir sestroupes dans des camps, où l’émulation, la dis-cipline et l’esprit guerrier, s’entretiennent mieuxque dans les garnisons. Le surcroît de dépenseque ces rassemblemens lui coûtaient, était bienfaible en proportion de celui auquel ils forçaientses ennemis.

Une flottille de bâtimens légers fut donc or-ganisée à Boulogne et dans les trois ports les plusvoisins par les soins de l’amiral Latouche ; ellese composait de neuf divisions. Plusieurs demi-brigades tirées de l’armée du Rhin et de la Hol-lande , s’exercèrent à des simulacres d’embar-quement et de débarquement. Toutes les voixde la renommée répandirent au loin le bruit deces préparatifs, et se plurent à en exagérerl’importance.

Quoique le danger parût encore bien éloigné,l’Angleterre n’eut garde de se reposer sur sesforces navales; elle fit hérisser de batteries lespoints accessibles de la côte; toutes les milicesperfectionnèrent leur instruction, et furent sou-