LIVRE XVJII, CHAP. cxi. 3g5
ne vit pas sans étonnement ce peuple ennemidételer les chevaux de sa voiture, et le traîneren triomphe.
La France apprécia de plus en plus les servi-ces rendus par les Consuls. Réconciliée avec tousses voisins, elle voyait pour elle un long avenirde prospérité, et mesurait sa reconnaissance àl’étendue du bienfait : à la vérité quelques répu-blicains farouches, des royalistes rancuneux,ne partagèrent point l’allégresse générale. Ceux-ci ne voyaient de véritable bonheur que dans leretour complet de l’ancien régime; ceux-là dansles troubles et les agitations d’un gouvernementpopulaire; mais les hommes sages se pronon-çaient à l’envi pour un gouvernement qui avaitopéré tant de prodiges en si peu de temps.Confians dans la magnanimité de Bonaparte,comment auraient-ils eu la pensée que celui quivenait de sauver la patrie pût un jour s’exposerà la perdre? Ils se rassuraient sur ce qui restaitencore de vague et de mobile dans des institu-tions soumises aux chances d’une élection dé-cennale , par l’espoir que la France n’avait plusrien à redouter des révolutions intérieures, nides attaques des armées étrangères.
La situation de la république rapportée auchapitre io5, telle que le gouvernement l’avaitprésentée lui-même au corps législatif, n’offraitréellement rien d’exagéré. Elle n’avait subi de-