LIVRE XVIII, CHAP. CXII. 449
À l’instant même où ce formidable armementquittait les côtes de France, on recevait à Paris des nouvelles de la Guadeloupe qui confirmèrentle premier Consul dans la résolution qu’il avaitprise de soumettre les colonies.
Cetteîle beaucoup moins étendue etmoinspeu- État de laplée que Saint-Domingue (i), n’avait pas été su- Guatlelou P ejette aux memes vicissitudes. L’infatigable VictorHugues , privé de commerce par les différendssurvenus entre la France et les Etats-Unis , y sup-pléa par de nombreux armemens en course, quidédommagèrent en quelque sorte de l’interrup-tion les relations commerciales. Les noirs et leshommes de couleur satisfaits du régime qui leurdonnait toute leur liberté , se montraient égale-ment attachés à la métropole.
Cependant toutes les passions et les intérêtsqui avaient ébranlé St.-Domingue , agissaient iciavec la même violence ; et plusieurs factions
(i) La Guadeloupe compte ioo mille liabitans, on sait qu’en1790 St.-Domingue en avait 700 mille, y compris la partie espa-gnole. La Guadeloupe est séparée en deux par la rivière Salée qui estun canal plutôt qu’un bras de mer. La partie de l’est plus riche etbien cultivée, se nomme la Grande-Terre ; sa capitale est la Pointe-à-Pitre . Celle de l’ouest, couverte de mornes boisés, conserve lenom de Guadeloupe ; son chef-lieu est la Basse-Terre , jolie villeà l’extrémité de laquelle est bâti le fort St.-Cbarles. Le colonelBoyer de Peyreleau en a donné une très-bonne carte dans son ou-vrage sur les Antilles .
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