12 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
de lord Spencer ne furent pas perdues, et enfaveur de laquelle on stipula une indemnité;d’un autre côté, les cessions faites par le Portu-gal , dans la Guyane au moment du traité, furentsanctionnées , et le sort de Malte réffié.
Ces modifications n’étaient point de natureà mériter, au traité définitif, un meilleur accueilqu’aux préliminaires. Le commerce anglais , quiavait vu avec quelque inquiétude l’armementfrançais parti pour les Antilles , et la soumissionprochaine de St.-Domingue , se montra moinssatisfait de cette paix qu’il ne l’avait paru d’abord.L’aristocratie s’indignait de voir qu’une souchedémocratique et républicaine pût porter de bonsfruits. On eût dit que les premiers actes d’un gou-vernement habile et vigoureux lui faisaient pres-sentir toutes les difficultés qu’elle aurait à sur-monter et les obstacles qu’opposerait Bonaparte à ses entreprises. Les partis opposés s’étaut appli-qués à dénigrer les préliminaires^ il n’était pasétonnant que le traité définitif fût reçu parla mul-titude avec une froideur qui contrastait d'une ma-nière frappante avec l’enthousiasme qu’on avaitmontré pour le premier.
Les mêmes objections furent reproduites dansles deux chambres, à la lecture du traité d’A-miens ; lord Grenville les attaqua avec sa logiqueforte et concise ; il s’appliqua à démontrer que leministère, en rendant à la France toutes ses colo-