LIVRE XIX, CHAP. CXIV. 4^
le Port-au-Prince , s’opposa à un changement quilaissait peser sur lui une trop grande responsa-bilité. Latouche et Boudet reçurent donc l’ordrede continuer leur marche vers l’Ouest, au mo-ment où ils allaient donner dans la passe du Cap,et ce temps perdu empêcha la division Hardyd’entrer le soir même dans cette capitale, où l’onprétend qu’elle eût été bien reçue , si la nouvelledu retour de Toussaint n’eût changé la face desaffaires dans la nuit même.
On ne saurait apprécier au juste la valeur desconjectures formées sur ce changement subitdans les intentions de Christophe; car si Tous-saint n’eût pas été décidé depuis long-temps à larésistance, la vue d’une immense flotte était bienplus pi’opre à le détourner de cette résolution,qu’à lui en suggérer l’idée; et ses mesures étaientsans doute prises de longue main pour ne rece-voir dans la colonie aucune force capable de lasubjuguer; ce qui se passa au Port-au-Prince justifierait du moins cette opinion. Mais si lesdeux jours perdus par la minutieuse docilité deVillaret-Joyeuse n’eussent pas empêché la guerred’éclater plus tard, toutefois est-il probable qu’ilsauraient sauvé le Cap, et c’était beaucoup. Quoi-qu’il en soit, l’aide-de-camp Lebrun, envoyépar le capitaine-général pour annoncer son arri-vée , fut reçu de manière à prouver qu’il faudraittirer l’épée du fourreau pour entrer au Cap. Le
Christophes’apprêtei ladefense.'
Accueilu’il fait aucapitaineLebrun,