LIVRE XIX, CHAP. CXIV. 53
Le général Kerverseau n’avait pas été moinsheureux à Santo-Domingo que Boudet dansl’Ouest. À la vérité , il avait d’abord été repoussépar Paul Louverlure: mais Clervaux , qui com-mandait en chef la division de l’Est, ayantété entraîné par l’évêque Mauvielle, reconnutsans balancer l’autorité du capitaine-général, etPaul Louverture, imitant cet exemple, reçut lesIraupes de Kerverseau au moment où elles al-laient renoncer à leur entreprise.
En reportaut son attention sur les événemensdont nous venons de rendre compte, et jetantles yeux sur la configuration de l’île de St.-Do-mingue, on voit que les mesures défensives deToussaint étaient préparées d’avance. La réso-lution simultanée deMaurepas, de Christopheet de Dessalines , de brûler toutes les villes etpostes de la côte, dénote suffisamment qu’il avaitreconnu l’impossibilité de conserver tant depoints en butte aux efforts maritimes. Ruinerles grands établissemens européens sur la côte,c’était à la fois dégoûter les Français de l’invasion,leur enlever les moyens de se soutenir, et per-mettre aux noirs de concentrer leur défense'dansles hautes montacrne^'qui^forinen^le noèùd del’île et dominent les provinces du Sud, de l’Ouest,duKord, qu’elles séparent delà partie espagnole.Ce quartier central," assez justement nommé leGrand-Chaos , offrait un refuge assuré à la fru-
Observa-tions sur lesystème dedéfense deToussaint»