LIVRE XIX, CIIAP. CXIV. 8l
le môme accueil, il fut obligé de débarquer sousîe feu des batteries, et d’attaquer ensuite, le10 mai, les noirs retranchés sur la rivière desPères : ici le combat se prolongea jusqu’à la nuitavec un acharnement dont la valeur des soldats'républicains ne triompha qu’avec peine.
Delgresse, mulâtre, et ancien aide-de-campde Lacrosse , commandait ces réfractaires à côtéde ce même Ignace, qui l’avait arreté peu desemaines auparavant. Pelage, au contraire, don- Bellena, dans les rangs français , des preuves de la a e °pei U a 'ôe.plus éclatante bravoure : circonstance bizarre,qui prouve à quel point il est difficile d’expliquerles intérêts qui agitèrent ces malheureuses con-trées, et la part que les passions individuelleseurent à ces bouleversemens.
Le lendemain, 11 mai, les Français forcèrent Défensela position retranchée des insurgés sur la rivière,et pénétrèrent dans la J>asse-Terre, sans donner St.-Charles.aux noirs étonnés le temps de saccager la ville,comme ils en avaient le projet. Le fort St.-Char-Jes, bâti sur le versant des mornes qui dominentcette ville , servit de refuge à ceux des vaincusqui ne s’étaient pas dispersés dans les montagnes,et on se disposa aussitôt à l’attaquer en forme.
La tranchée fut ouverte le 25 mai, et on armadeux jours après les batteries de pièces de groscalibre, qu'on fut forcé de traîner à bras dansles mornes sur des affûts marins, avec des peines18. 6