103 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
de Toussaint eu héritant de sa puissance, et queSa guerre maritime qui se ralluma à cette époque,eût tôt ou tard provoqué la déclaration de leurindépendance. La condui te modérée de Pétition ,lorsqu’il parvint dans la suite au pouvoir, et ledédain qu’à l’exemple de Washington , il affectapour l’autorité suprême , ne prouvent rien con-tre ces assertions; on peut dédaigner la cou-ronne et vouloir affranchir sa patrie. Si les ri-ches créoles, d’origine européenne, tiennentfaiblement à la métropole , quand ils entre-voient un avantage dans l’émancipation , quelleraison d’attendre un attachement plus religieux,plus filial, d’hommes qui ne connaissaient laFrance qu’indirectement, et ne se considéraientpas même comme Français ? La conduite desAnglo-Américains en 1770, et les derniers évé-nemens de l’Amérique espagnole, ne prouvent-ils pas assez que la perte de St.-Domingue étaitinévitable, dès que des intérêts si opposés yétaient aux prises, et qu’il y avait impossibilitéd’y entretenir des forces françaises capables deles faire taire devant celui de la métropole?
A la vérité, la conduite de Pelage à la Guade-loupe, celle de Laplume à St.-Domingue , lesservices essentiels que rendirent Maurepas etses noirs, lorsqu’ils combattirent dans les rangsfrançais , sont autant de circonstances qui mi-litent en faveur du système qu’avait adopté