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LITRE XIX, CHAP. CXIT.personnelle s’affubla du masque du bien public,pour assouvir la soif de puissance qui dévoraitquelques individus.
Cependant il est juste de convenir que le ren-voi impolitique de Rigaud, les événemens de laGuadeloupe et les actes odieux commis enversles mulâtres , suffisaient pour exciter à la révolteces hommes impétueux , placés entre l’ignominiedes anciens préjugés et l’avenir brillant que leurpromettait l’émancipation ; c’était soumettre leshommes à une trop rude épreuve que de leurprésenter cette alternative, et peut-être Péthionserait-il resté fidèle à la France sans les justesalarmes qu’on inspira à son parti. Gaguer cettecaste valeureuse, en nommant Rigaud, Boyer etPéthion lieutenans du capitaine - général, à laplace des noirs qu’on eût renvoyés eu France ,pour y être employés dans leur grade, tel eûtété peut-être le moyen de conserver la colonie ,non qu’il fût exempt de danger. C'était remettre,je le sais, les intérêts de la métropole à des agenssuspects ; mais ils étaient moins nombreux queles noirs, et ils avaient encore trop besoin de laFrance , pour s’en détacher.
Toutefois ce ne sont que des probabilités plusou moins fondées. En jugeant d’après les événe-mens , et surtout d’après le rôle que Péthion etBoyer ont joué depuis, on serait autorisé à croireque ces deux chefs eussent hérité de l’ambition