106 HISTOIRE DES Cü ERRES DE LA RÉVOLUTION.
Nos lecteurs ne pourront sans doute pas sedéfendre d’un sentiment pénible, en remarquantà quel point les passions égarent les hommes,puisque tant de braves Kelvétiens étaient prêtsà s’entre-déchirer pour une modification dansles formes constitutionnelles de leur pays. Lesdilférens pactes successivement présentés de-puis deux ans , ne variaient en effet que sur desaccessoires presqu’imperceptibles pour l’étran-ger qui n’eût pas été à même d’observer de prèsla nature des passions aux prises dans cette mal-heureuse lutte.
Difficulté de 11 faut néanmoins l’avouer , ces nuances dansimpartis ^ es f° rmes n’étaient que des prétextes dont lesfauteurs de discorde se servaient pour renverserce qui existait. Si toute la question qui divisaitles partis , se fût réduite à décider, que le gou-vernement central ne se mêlerait point del’administration intérieure des cantons, et leslaisserait se régir eux-mêmes, le rapproche-ment eût été facile à opérer; aucun Suisse n’eûtrefusé quelques concessions, et la dernièrecharte eût aisément satisfait à tous les besoins.Mais il s’agissait de statuer à la fois sur les prin-cipes, les causes et les résultats de la révolution :c’est-à-dire qu’il fallait rendre aux Bernois ceuxde leurs anciens sujets qui désiraient rentrersous leur domination ; reconnaître l’indépen-dance du canton de Vaud ; statuer sur le sort de