22 HISTOIRE UNIVERSELLE.
rnation de l’Univers fortuite & spontanée y est mise à sa place ( a ). Pourconfirmer ce jugement il rapporte dans un autre endroit un passage de Por-phyre, qui, dans son Epitre à /à-o, Prêtre Egyptien, écrit que C ha-rémon & d’autres croyoient qu’il n’y avoit rien d’antérieur à ce Monde visi-ble; que les Planètes Ales Etoiles du Zodiaque étoient les vrais Dieux desEgyptiens; & que le Soleil devoit être regardé comme l’Artisan decet Univers. D’ou Eusèbe conclut, que même la Théologie sccrette desEgyptiens n’avoit point d’autres Dieux que les Etoiles & les Planètes, &n’attribuoit la formation de l’Univers, ni à quelque principe spirituel, ni àune ou plusieurs Divinités, ni enfin à quelque Puissance invisible, mais auSoleil par son action sur les Elémens (b). C’est précisément à quoi revientsur ce sujet l’abrégé que Diogène Laërce ( c ) nous a donné de la PhilosophieEgyptienne , & qu’il a tiré de Manethon & à'Hécatée ; savoir: Que la ma-tière a été le premier principe, dont ensuite les quatre Elémens ont ététirés, & tous les Animaux formés ; & que le Soleil & la Lune étoient leursDivinités,-dont Tune s’appeiloit Osiris , & l’autre Ifis, Un très habilehomme (d) a fait tous ses efforts pour justifier les Egyptiens à l'égard del’imputation de n’avoir reconnu d’autres Dieux qu’une Matière destituéed’intelligence. Cet Auteur ne donne pas grand poids à ce qu’ Eusèbe allèguecontre eux, parce qu’il se contredit lui-même dans un autre endroit, dé-clarant, que les Egyptiens attribuoient la formation du monde à un Ar-chitecte intelligent, qui, suivant le témoignage de Porphyre, étoit ap-pelle par eux Cneph , & symboliquement représenté sous la figured’un Homme, tenant en main un Sceptre, avec un Plumet magnifi-que fur fa tête , & de la bouche de qui sortoit un Oeuf, duqueì àson tour sortoit un autre Dieu , qu’ils nommoient Phtha, & les Grecs Fui-cain. Voici l’explication qu’ils donnoient de cette Figure Hiéroglyphi-que. Les Plumes, que cet Homme porte fur fa tête, marquent la naturecachée & invisible de cette Intelligence, la propriété qu’eile a de donnerla vie, fa souveraineté sur toutes choses, & la spiritualité de ses mouve-mens. L’Oeuf qui fort de la bouche de ce Dieu, représente le Monde (s).La première & suprême Divinité étoit auffi quelquefois dépeinte comme unSerpent, avec une Tête d’Epervier, d’une extrême beauté ; lequel, enouvrant les yeux, remplit l’Univers de lumière; & en les fermant, pro-duit les ténèbres (/). _ Et pour ce qui regarde le passage de Porphyre tou-chant Chcerémon , où il propose simplement quelques doutes à Ane-bo, fur lesquels il lui demande des éclairciífemens, Jamblique y a ré-pondu, fous la personne d ’Abammo, un autre Prêtre Egyptien: disant, queChcerémon , & les autres qui prétendent écrire touchant les prémières Causesdu Monde, font seulement mention des derniers Principes, comme aussi
00 Eureb.dePrap.Ev. L, I. C. 7.p. 2t'.(F) Idem ibid. L. III. e. 4.ìc) Diog. Laè'rt. In Proœmio, pag. S.fa) Cudworch Sysl, intell, p. 317, & c .
CO Euseb - de Pra P- Ev. L. III. c. II. pag.” 5 -
(/) * dem ibid. L. III. c, 10. p. 4,1.