DE LA CREATION DU MONDE, Inîroàutìion. 23
ceux qui traitent des Planètes, du Zodiaque, &d’autres Matières Astro-nomiques : car les Egyptiens n’attribuoient pas l’Originede toutes Choses àla feule Nature, mais distinguoient la vie de J’Ame, & la vie Intellec-tuelle, de celle de la Nature, non feulement dans l’Univers, mais aussidans les Hommes; reconnoistant qu’une Ame intelligente a première-ment existé par elle même, & que c’est par elle que l’Univers a été formé(«). II paroit par ce témoignage de Jamblìque , qui a vécu peu detems après Porphyre , & qui s’est appliqué avec foin à connoître laThéologie des Egyptiens ; il paroit, dis-je, que les Egyptiens ne suppofo-ient pas généralement, (comme Chcerémon l’a dit de quelques-uns d’eux,)qu’une Nature inanimée étoit l’Origine de toutes choses, mais que dans leMonde, aussi bien qu’en nous mêmes, ils reconnoissoient l’Ame supé-rieure à laNature, & l’Intelligence,quia créé le Monde, supérieure à l’Ame( [b). Nous pourrions confirmer ce que nous venons de dire par plusieurs autrespassages tirés du même écrivain, & des Livres à”Hermès qui subsistent en-core; dans lesquels, quoiqu’on y trouve plusieurs choses supposées, on nesauroit nier qu’il n’y ait quelques restes de l’ancienne, Doctrine des Egyp-tiens. Nous ne devons pas oublier non plus, qu’on a regardé comme une cho-se si avérée, que ies Egyptiens ont cru que le Monde avoit non seulement euun commencement, mais aussi avoit eu Dieu pour Auteur, que Sìmplicins ,un zélé Défenseur del’Eternité du S Monde, affirme que l'Histoire de la Créa-tion du Monde, telle qu’elle nous a été laissée par Moy/è, n'est autre chosequ’une Tradition, puisée dans les Fables des Egyptiens (c).
Mais ces différentes autorités pourroient peut-être être conciliées, endistinguant entre la Religion de la Bajse-Egypte , dont les habitans étoientgrossièrement idolâtres, & celle des habitans de la Thèbaïde , qui, àcause du _ culte religieux qu’ils payoient à Cneph y le Dieu suprême ,étoient dispensés d’une certaine taxe imposée aux autres qui adoroiencdes Animaux (d).
Avant que de quiter les Egyptiens , il ne fera pas inutile de remarquer,que leurs Prêtres enscignoient aussi que la Terre étoit sujette à certai-nes révolutions, étant détruite alternativement par seau & parle feu, &renouvelle ensuite (e).
A l’égard des Chaldéens ou Babyloniens, Diodore dit qu’ils croyoient la OpinionNature du Monde éternelle; que comme il n’y avoit point eu de Généra des Ca-tion proprement dite de l’Univers, il ne scroit aussi jamais sujet à aucune Mens omcorruption; ajoutant, que Tordre magnifique de toutes chosesvenoitd’u-ne Providence Divine. Que c’étoit à ìa volonté parfaite des Dieux (f ), & non mens 'point au hazard, qu’il falloit en attribuer la cause. Mais Bérofe, dontl’au-torité est fortifiée, d’un côté par son antiquité, & de f autre par Jaconsidé !ration, qu’il étoit lui-mêmede la Nation dont il s’agit, nous a laisté l’Histoire
0 *) Jrinbliehus apudCudworth Intel). Svst.p, 318. &c.
(b) Cudworth, îbîd.
(cì Simplic.m Aristot. PhyHc. L.VIII.p.odí?.(,/) Plut. de Iside & Osirid. P . 35 ^vid. etiam
Cumb, in Cosinog. Sanchon. pag. 12. &c.
(e) Plato, in Tim. Origen. contra CelsumyLib. V.
(/) Diod, Sc. L, II, p. iî&.