144 HISTOIRE ASIATIQUE, Lîvr. I.
Sect. V. contre l’autre, & en enseignèrent l’usage aux hommes. Ils engendrèrentM fl Prûf. aussi des fils d’une grandeur démesurée , qui donnèrent leurs noms auxavant le jyjontagnes qu’ils possédoient ; de-là les noms des fameuses Montagnes,Déluge. Çajsius , Liban , dntiliban & Bralhys *.
Ces derniers eurent pour fils Mcmrumus & Hypfuranius f , & furentainsi nommés par leurs Mères, qui se prostituoient au prémier venu tìïp-
IF Gêné.ration.
K Gêné- suranius fut habitant de Tyr , & inventa la manière de construire des cabanesta'-itn. de roseaux & de joncs , aussi bien que le Papyrus. 11 se brouilla avec sonfrère Usous ][, qui trouva le prémier l’Art de se couvrir des peaux des bêtessauvages qu’il pouvoit attrapper. Des tempêtes violentes, mêlées de vents& de pluye , étant survenues, quelques branches des Arbres de Tyr s’allumé-rent par la violente friction, & mirent le feu au bois qui étoit-la. Usous, ayantpris un Arbre, & en ayant ôté les branches, fut le prémier aíî'ez hardi pouraller en mer fur un ll frêle Vaisseau. Il rendit aussi des hommages religieux àdeux Pierres qu’il avoit consacrées au Feu &au Vent, & répandit à leur hon-neur le sang de quelques bêtes sauvages qui avoient étépriscs à la chassej.. Après
• Cette génération établit son séjour, & eut une espèce de domination dans les gran-des Montagnes, qui furent nommées d’après leurs Seigneurs. C’est ainsi que le nom deSéir , (qui Croît aussi un de ceux que portoit Efaiì ) est supposé avoir été donné à laMontagne dont il étoit possesseur » quoique ce Pays ait été appellé de cette manière avantfa naissance (i).
■f Bochart ne fait de ces deux qu’une seule & même personne, lisant Memrumtn , qui estaussi appellé Hypfuranius, le dernier nom paroissant être une traduction du prémier, dontBocbart supposé qu’une syllabe a été retranchée, Mem étant resté au-lieu de Samen , ou□vjìì’ Shamaim, les Cieux, pour répondre à l'O!^»»,»? de ia Version de Philon, comme Rumrépond au mot ú'sses, qui signifie haut. Scaliger le croie seulement mis au - lieu de nnwMinrum , d'en haut. Cumberland le dérive avec moins de changement encore de an Rum& a»0 Maìm, qui signifient des eaux d’en-haut ( 2 ).
§ Ce que notre Auteur avoue, touchant la prostitution de ces femmes, s'accorde avecce que Moyfe raconte des débauches & des désordres de ces tems-là.
][ On croie qu "Usous a été !e même qu’Ûr/s, c’est-à-dire, fart, nom donné longtems aprèsau fils d 'Aram , que Jofèphe appelle Oufes, & que nous écrivons Uz ; n’y ayant d’autredifférence entre VOufes de Jofèphe, & l'Oufous de Philon (z), que la terminaison.
4 Le Vent & le Feu , à qui ces deux Pierres étoient consacrées, semblent avoir étéceux-là mêmes par qui le bois avoit été consumé. C’est ici l’exemple le plus ancien quenous ayons d’adoration rendue à ces sortes de Divinités subalternes ; & il est apparentqu’un hommage si sacré a été rendu au Feu & au Vent, parce qu’ils font composés d’unematière céleste ou éthérée. II n’y a pas positivement dans le Grec, st ue le ^ng des bêtessauvages fut répandu ; mais il est naturel de donner cette signification aux mots a-nnyè'av ì»S'tipinn , parce qu’il n’y a rien en elles que du sang qui puisse être verse en forme de li-bation, Sur quoi on remarque, que c’est ici le prémier sang q u 011 a| t offert à des Déi.»és inférieures. Et parce que ce íkng étoit celui de bêtes prises à la chasse, qui naturelle-ment n’en dévoient pas beaucoup avoir,nous pouvons en conclure,,qu ’Uf/us a offert aussi unepartie de ieur chair avec le sang qui en découloit. De plus, puiique nous n avons aucunsraison de douter qu’il n’ait mangé une partie du gibier quil prenoit, nous avons ici le pré-mier exemple par lequel il paroisse qu’ou a mangé de la viande avant le Déluge : L la condi-
( 1 ) Cumberl. on Sanchoniat.(z) Idem ibid» x. 2.3.1.
Ú) Idem ibid. p. rzS.