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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LA CREATION JUSQITAU DELUGE, Ciur.I. 149

Les Antiquités Babyloniennes ont été recueillies par Bêrofe *,qui étoit un Sect. V.Chaldéen qui vivoit du tems à!Alexandre le Grand (a). Mais il ne nous Hi fl- Pro kreste à présent que peu de Fragmens de son Ouvrage, dont nous allonsdonner à nos Lecteurs la substance, au moins ce qui en a rapport au Pé- ’ use ‘riode dont il est ici question. Antiquités

Après une Description du Païs de Babylone , il raconte que la prémière Babyío-année il sortit de la Mer Rouge , dans un endroit proche des confins de ce dePaïs , un Animal destitué de raison f, dont le nom étoit Oannes. Son q U life ma ?corps reíTembloit à celui d’un poisson, mais au dessous de fa tête de poisson Itère lesil lui en étoit encore venu une autre : il avoit auffi des píés semblables à hommes ap.ceux d’un Homme, qui sortoient de sa queue de poisson, & une voix hu- P’ irent lesmaine. Son portrait avoit été conservé jusqu’au tems de Bêrofe. Cet Ani- & ies

mat conversoit avec les Hommes pendant le jour fans rien manger, & leur ’ 4 *enseignoit dìfférens Arts ik différentes Sciences: il leur apprit à demeurerensemble dans des Villes, à bâtir des Temples, à se gouverner par des Loix,

& à faire usage de la Géométrie; il leur montra auffi à amasser des semen-ces & des fruits; en un mot, il fit part aux Hommes de tout ce qui étoitcapable de les civiliser. Après ce tems , il ne fut plus rien inventé d’ex-cellent. Quand le Soleil se couchoit , cet Animal se retiroit dans laMer, & y restoit pendant la nuit, étant amphibie. Après lui, parurent

f )lusieurs autres Animaux de la même forme, dont il est fait mention dansa fuite de l’Histoire. Cet Oannes ne donna pas seulement ses instructionsde bouche, mais, à ce que notre Auteur assure , écrivit auffi fur l’Originedes Choses (b ), & fur la Politique (c).

D’autres Auteurs ont auffi parlé de cet Oannes : Hclladius rappelle Oes(fi tant est que ce ne soit pas une abréviation des Copistes) & s’accorde en

(a) Alex. Polyhist. apud Synce!!. p. 28. (c) Alex. Polyhist. ex Beroíò apud Syn-

(b) Voyez ci-dessus, p. 24. celL p. 23.

au-lieu que Moyfe les met dans la dixième. Si nous supposons que les deux dernières Gêné.rations ont été celles que Afoyfe a omises, & non point la quatrième & la cinquième , lé-loignement fera grand. Le savant Cumberland, pour faire encore mieux accorder ensembleces deux Ecrivains, conjecture qu’il y a eu une transposition dans Sanchoniathon, & que Chry *for doit occuper le huitième rang, & Technites , le septième; ou bien, que le Père dans laseptième génération a pu inventer ces arts, & pour cette cauíè être célébré par Thoth, ou sesEcrivains ; & que les fils ont pu les porter à un plus haut degré de perfeétion dans la huitiè-me génération , ce qui a déterminé Moyfe à les nommer comme inventeurs (1)-

* H est parlé plus au long de cet Auteur dans la Préface.

t 11 y a dans le Grec '(foi Ztppewi mais ce qui fuit, montre clairement que cet Animaln’étoìt point privé de raison : ainsi il y a lieu de soupçonner qu’il doit y avoir quelquefaute dans le Texte.

Pour ce qui regarde les noms d'Oannes & d 'Annedotus , donnés à ce personnage & à ceuxde salòrte dont il est fait mention plus bas, ce feroit une espèce de folie que d’en recher-cher l’explication. Leur sortie de la Mer marque, suivant toutes les apparences, qu’ils étoientdes étrangers , débarqués en Cbaldte (2). Le mot Syriaque Onudo signifie un voyageur ou unétranger , & ressemble aslèz à l’autre defdits noms.

(r) Cmnberl. ubi sup. p. 232. &c.

(2) Cbionol. de Newton, Paris 1728, pag. rr6.