í<4 HISTOIRE ASIATIQUE, lâ I.
Année du auparavant (a). Pour ce qui regarde l’ Abîme, si par-ià nous entendons laMonde Mer, nous n’en pourrons tirer aucune conséquence en faveur de i'ex-1307. A- p!iear.ion dont il s’agit, puisqu’elle n’est pas plus haute que la Terre. Ellevant J. C. f ero i c restée alors à fa place, tout comme elle fau à présent. Que si nousz " 9 ' entendons par ce terme les eaux souterraines, nous ne voyons aucuneSfxt. VI. ra ison pourquoi elles auroient quitté les lieux qu’elles occupoient : ci’ail-DuDéluge- leurs, quand même elles auroient quitté ces lìtux, d’autres eaux auroientdû venir à leur place ; ce qui fait evanouïr tout l’ufage qu'on prétendoicen tirer (b):
Cela étant ainsi, quelques-uns coupent le nœud qu’ils ne fauroient défai-te , en alléguant pour solution la toute-puiíîance divine. Dieu , disent ils,créa des eaux pour faire le Déluge, & les annihila dès qu’il n’en eut plusbesoin. Mais .notre but n’est point de rechercher ici ce que la toute-puissance de Dieu peut faire, mais d’expliqucr le mieux qu’il nous estpossible le Déluge par des causes na urelles ; fans compter qu’il y aune espèce de précipitation à faire créer à Dieu une nouvelle portionde matière, pour servir de solution au Phénomène qu’il s’agit d’expli-quer. Moyse allìgne au Déluge des causes naturelles, aussi- bien que St.Pierre, qui attribue cet évènement à la constitution naturelle du Monde(c); mais aucun d’eux ne dit pas le moindre mot d’une nouvelle créa-tion d’eaux. D’autres, pour cet effet, au-ìieu d’une création, supposentune espèce de transformation d’élémens, & disent que l’air a été changéen eau , & que ce changement a été la grande cause du Déluge (d).Mais cette opinion ne s accorde guères mieux que la précédente avecce que disent Moyse & St. Pierre, <k rend l’ouverture de \'/ibîmc par-faitement inutile (e) : fans compter , qu’une pareille transformation neseroit en effet qu’une condensation, que nous avons déjà montré être insuf-fisante. Suivant une troisième explication, la pluye & les eaux de laMer furent tellement raréfiées, qu’elles s’éleverent au-dessus des plus hau-tes Montagnes. Mais íi les eaux ont été quinze fois plus rares qu’el-les ne font naturellement (ce qu’elles doivent avoir été dans cette supposi-tion , ) il est difficile de comprendre comment elles auront pu ôter la vieaux Hommes ou aux Bêtes, conserver celle des Poissons, & soutenirl’Arche (/). Les partisans d’une quatrième opinion disent que la Ter-tre, avec toutes ses pierres, ses métaux, & ses fossiles, qui avoientquelque solidité, fut comme fondue dans le Deluge, la cohésion de sesparties ayant parfaitement cessé: que les corpuscules de ces Fossiles, de-mê-me que ceux des corps des Animaux & des differeos Végétaux ; en un mot,que les corps de toutes les lortes qui ét oie rit dans la Terre jufqu’àla plus grande profondeur où les Hommes loient jamais parvenus en
( a ) Haliey’s Dissert. in the Philos. Trans.Vol. Xvi p. ,04.
(b) Bumec’s Theor. L. I. C. a.
CO 2- Pet. 11. s.
(,;) Kircher de Arca Noé L. II.
(e) Buruet uoi s U p. &c. c. 3.
(/) Volì. ìq Bpist. ad Colv. p. 385.