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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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í<4 HISTOIRE ASIATIQUE, I.

Année du auparavant (a). Pour ce qui regarde l Abîme, si par- nous entendons laMonde Mer, nous nen pourrons tirer aucune conséquence en faveur de i'ex-1307. A- p!iear.ion dont il sagit, puisquelle nest pas plus haute que la Terre. Ellevant J. C. f ero i c restée alors à fa place, tout comme elle fau à présent. Que si nousz " 9 ' entendons par ce terme les eaux souterraines, nous ne voyons aucuneSfxt. VI. ra ison pourquoi elles auroient quitté les lieux quelles occupoient : ciail-DuDéluge- leurs, quand même elles auroient quitté ces lìtux, dautres eaux auroient venir à leur place ; ce qui fait evanouïr tout lufage qu'on prétendoicen tirer (b):

Cela étant ainsi, quelques-uns coupent le nœud quils ne fauroient défai-te , en alléguant pour solution la toute-puiíîance divine. Dieu , disent ils,créa des eaux pour faire le Déluge, & les annihila dès quil nen eut plusbesoin. Mais .notre but nest point de rechercher ici ce que la toute-puissance de Dieu peut faire, mais dexpliqucr le mieux quil nous estpossible le Déluge par des causes na urelles ; fans compter quil y aune espèce de précipitation à faire créer à Dieu une nouvelle portionde matière, pour servir de solution au Phénomène quil sagit dexpli-quer. Moyse allìgne au Déluge des causes naturelles, aussi- bien que St.Pierre, qui attribue cet évènement à la constitution naturelle du Monde(c); mais aucun deux ne dit pas le moindre mot dune nouvelle créa-tion deaux. Dautres, pour cet effet, au-ìieu dune création, supposentune espèce de transformation délémens, & disent que lair a été changéen eau , & que ce changement a été la grande cause du Déluge (d).Mais cette opinion ne s accorde guères mieux que la précédente avecce que disent Moyse & St. Pierre, <k rend louverture de \'/ibîmc par-faitement inutile (e) : fans compter , quune pareille transformation neseroit en effet quune condensation, que nous avons déjà montré être insuf-fisante. Suivant une troisième explication, la pluye & les eaux de laMer furent tellement raréfiées, quelles séleverent au-dessus des plus hau-tes Montagnes. Mais íi les eaux ont été quinze fois plus rares quel-les ne font naturellement (ce quelles doivent avoir été dans cette supposi-tion , ) il est difficile de comprendre comment elles auront pu ôter la vieaux Hommes ou aux Bêtes, conserver celle des Poissons, & soutenirlArche (/). Les partisans dune quatrième opinion disent que la Ter-tre, avec toutes ses pierres, ses métaux, & ses fossiles, qui avoientquelque solidité, fut comme fondue dans le Deluge, la cohésion de sesparties ayant parfaitement cessé: que les corpuscules de ces Fossiles, de--me que ceux des corps des Animaux & des differeos Végétaux ; en un mot,que les corps de toutes les lortes qui ét oie rit dans la Terre jufquàla plus grande profondeur les Hommes loient jamais parvenus en

( a ) Halieys Dissert. in the Philos. Trans.Vol. Xvi p. ,04.

(b) Bumecs Theor. L. I. C. a.

CO 2- Pet. 11. s.

(,;) Kircher de Arca Noé L. II.

(e) Buruet uoi s U p. &c. c. 3.

(/) Volì. ìq Bpist. ad Colv. p. 385.