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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap. I. 167

dans les autres explications. La chute de ces prodigieux fragmens a dû A nuée dunaturellement produire une grande agitation dans Y Abîme , & en élevèr Mondeles eaux à une hauteur suffisante pour couvrir, au moins pendant quelquerems, les Montagnes qui venoient d’étre formées. Car, suivant tìurnet , ^2999. 'après la chute de la plus grande partie de la voûte qui étoit autour de s*ct. VI.l’Abîme, il tomboit à tout moment quelques morceaux de moindre gran- Du Déluge.

deur, jusqu’à ce qu’enfin, chaque partie restant fixe à sa place , les eaux . . .

commencèrent auffi à se fixer , & le sec à paroître. Ainsi la Terre pritune nouvelle forme, & fut divisée en Mer & en Sec: la plus grande par-tie de 1 ’Alîme formant notre Océan, & le reste remplissant les cavités lesplus basses de la Terre, les Montagnes & les Collines apparurent fur leSec, les Iles dans la Mer, & les Rochers fur les Côtes. Et ainsi , d’unseul coup, la Providence détruisit l’ancien Monde, & de ses ruines formale nouveau que nous habitons (a).

Mais , quoiqu’il soit vraisemblable que la Terre primitive ait eu sonaxe incliné au plan de l’Ecliptique, tout comme à présent, & ait étésujette aux mêmes vicissitudes de Saisons, cependant, en accordant ànotre Auteur fa supposition , savoir que la position de saxe de la Terreétoit perpendiculaire au plan de l’Ecliptique , il rsy a pas moyen deconcevoir que la chaleur du Soleil, même en ce cas , ait eu la forcequ’il lui attribue, & ait pu produire des fentes considérables dans laTerre , ou élever en vapeurs l’eau de l’Abîme; puisque , dans les Paysles plus chauds, on n’a jamais vu arriver rien de pareil: Tailleurs, il n'estnullement probable, qu’une pareille raréfaction , quand même elle soroitpossible , pût rompre une voûte de quelques centaines de milles d’épais-seur. Ce n’est pas tout: il auroit été à craindre , que si la chaleur du So-leil avoit été si excessive, l'^/às,qui étoit le seul réservoir des eaux de laTerre primitive , n’eût été presque épuisé avant le tems du Déluge *.L’explication dont il s’agit ne s’accorde pas non plus avec le récit deMoyse , qui décrit le Déluge comme ayant été augmenté & ensuite di-minué par degrés, & nullement comme une chute de quelque portion dematière, dont l’effet auroit cessé en peu de jours,pour ne pas dire en peud’heures {b). A ces diverses considérations on peut encore ajouter celles-ci; savoir, que Burnet ne fait presque aucun usage dee pluyes, qu’il sup-pose à-la- vérité être tombées fur la Terre (quoiqu’il ne puisse pas aili-er) Buruet ubi fup. p. 101. & c, (&) Keiiss Examiuation of Burnet’s Theo-

ry.

* Le Dr. Keill a fait un calcul fur cette matière, par lequel il prouve que , puisque, fui-» urnc , 1 même , aucune des Rivières qn’il y a eu avant le Déluge n’est retournée dans1 Abîme , il doit nécessairement s'ensuivre, que dans huit cens & douze ans l’Abîme a été en-ueremew épuisé, dans la supposition que la Terre primitive avoit autant de Rivières que lanotre: mais comme il y avoit alors deux fois autant de terre, s’il n’y a point eu deniers,íl faut reconnoître qu’ii y a deux fois plus de Rivières pour f arroser; & ainsi l’Abîme au-roit été vuide en quatre cens six ans (i).

fi) Xeill’s Examiuation of Dr. Burnet’s Theoiy , p, 1S4,

Y

Tome I.