Buch 
1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
Seite
169
JPEG-Download
 

DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Ciiap. L 169

Y Abîme, & leurs eaux eurent communication avec celles qui occupoient ía cIu

surface de la Terre,* ce qui ne fut pas plutôt fait,que les eaux que la Co- , 307 , a-mèce avoit amenées, commencèrent à tomber, & à couvrir la face de la Ter- V aut j. C.re. Or ces eaux étrangères étant prodigieusement pesantes, pressoient ex- 2999.trêmement sorbe de terre, & tâchoient de l'enfoncer dans 1 [Abîme, pïo-Sect. VI.portionnellement à la pesanteur de chaque colpmne de terre, & de la co- j)u Déluge.

lomne d’eau qui pressoit dessus,& conformémentaux Loixdel’Hydrostati--

que. Mr. Whiston suppose que ces Loix n’ont pas été exactement observées autems de la prémière chute de la croûte de ia Terre dans Y Abîme , perce queleur observation auroit empêché les eaux souterraines d’inonder la Terre.

Mais depuis que les couches inférieures furent, suivant lui, arrangées & af-fermies ensemble, avant la formation des couches supérieures, toute lamasse se soutint en forme de voûte plus haute que les Loix de Gravité nel’auroient permis fans cela : & ainsi , la croûte supérieure de la Terre ayantété crevassée, ses différentes colomnes se placèrent plus bas qu’elles n’a-voient été auparavant: & leur poids,augmenté par les eaux étrangères dela Comète, causa une grande pression sur !a surface de Y Abîme. Or cetAbîme étant fluide, & par cela même incapable de soutenir une pression dansquelqu’une de ses parties fans la communiquer à toutes les autres, dut né-cessairement se faire des ouvertures en plusieurs endroits de la Terre, &contribuer ainsi à l’augmentation de ce Déluge qui commençoit déjà àinonder la Terre & à en faire périr les habitans (a).

Notre Auteur suppose que les eaux du Déluge furent chassées, prémière-ment par un vent, qui en fit évanouir quelques-unes; & ensuite par ladescente des autres dans les entrailles de la Terre, par les crevasses dontnous venons de parler : fur quoi il faut remarquer que la prémière cause,savoir le vent, devoìt naturellement aider à la seconde, & contribuer àfaire entrer les eaux dans les différentes crevasses de la Terre. 11 avoue quel’air ne pouvoit soutenir qu’une quantité d’eaux très peu considérable, encomparaison de toute la masse: mais comme il suppose que la Terre avantle Déluge, quoique parsemée de Lacs &de petites Mers, n'avoit pourtantpoint d'Océan, qui séparât un Continent d’un autre, & qui occupât un aussigrand espace que nos Mers d’à présent (b) ; il conçoit aussi que la régionsupérieure de la Terre étant généralement sèche, pleine de pores, & d’uneprodigieuse épaisseur, étoit capable d’imbiber plus d’eau qu’il n y en avoitfur la Terre au tems du Déluge (c).

. On a fait contre cette Théorie, auffi-bien que contre 1a précédent e,Oí/eâmisdifférentes Objections; car, quoiqu’il soit assez probable, qu’au tems d u wM>ecet-Déluge, une Comète ait passé près de la T erre, & ait pu augmenter la force ** à'"

des Marées dans la Mer ôi dans l’ Abîme , il ne laisse pas de paroître étrange liston,que J effet de la pression des eaux de Y Abîme ait pu faire des crevasses dansune croûte aussi solide que celle dont Y Abîme étoit environné, sens frscaí-

(a) Whiston’s Theory,p. 376, & Ci 380, & c YVbiston’s Theory, p. 401, &c.

(b) ibid. p. 374. & p. 01. w

y 2