Année duMonde1307, A-vanc ]. C.
2999 -Sec t. VI.
Du Déluge.
La plusraisjnna-ble Expli■cation d uDéluge.
170 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. Lfer cette croûte entièrement. D’ailleurs, on n’a pas été satisfait de la ma-nière dont Mr. Whìjhn fait disparoîcre les eaux ; y ayant une espèce d’impossi-bilité à concevoir, que ces cavernes souterraines, qu’il suppose n’avoir pucontenir qu'une très petite portion des eaux nécessaires au Déluge, ayencpourtant eu une capacité suffisante pour recevoir la plus grande partie deces eaux après que le Déluge fut passé. Cependant, il y auroit peut être' moyen de lever ces difficultés: mais, par malheur, il restera toujours uneautre Objection bien plus forte ; savoir, qu’i! n’est rien moins que démontréque l’atmosphère d’une Comète consiste dans une substance aqueuse; &que, quand la chose seroit démontrée, il ne s’ensuivroit pas qu’une Comète,en passant près de la Terre, put lui laisser une aussi grande quantité d'eauque le besoin du Sy flème de Mr. Winston en demande. Ce qui donne un nou-veau degré de force à !a prémière partie de cette Objection, est la proba-bilité , que ce qu’on volt autour du corps de la Comète, n’est autre choseque le tournoyement de la fumée, qui s’élève d’abord à une hauteur déter-minée de toutes les parties de la Comète,& qui se retire ensuite vers cettepartie de la Comète qui est opposée au Soleil. Que si ce sentiment estvéritable, la Terre, en passant à travers l’atmosphère de la Comète, aplus couru le risque d’une conflagration que d’un déluge Ça).
11 semble donc que, tout bien pesé, il faille faire intervenir dans cetévènement une influence particulière de la part de Dieu. Car,quoique leseaux, qui couvroient la Terreau tems de la Création, ay en t pu la couvrirune seconde fois, on ne sauroit néanmoins concevoir comment la chose apu se faire par des moyens purement naturels. A-la-vérité les eaux desnuées pouvoient tomber fur la Terre en cataractes (qui est le sens que lesLXX attachent aux termes que nous avons rendus par les bondes des Cieux)semblables’à celles qu’on dit tomber en certains endroits des Indes , où lesnuées,au lieu de se distiller en goûtes,descendent souvent du Ciel commeun torrent (b) ; & ceci seul pourroit causer une grande inondation dans leslieux les plus bas: mais, comme les nuées ne pouvoient pas fournir plusd’eau qu’elles n’en avoient, & que cette eau auroit bientôt été épuisée, ilsemble qu’on doive plutôt inférer de la continuité de la pluye, que seau desnuées n’a pas tombé en si grande quantité à la fois. Les Cavernes souter-raines font bien plus propres à fournir l’eau qu’il faut pour le Déluge, & encontiennent,suivant toutes les apparences,plus qu’il n’en seroit nécessairepour s’élever fur la Terre, même à une plus grande hauteur que celle queMoyse a marquée *: la feule difficulté est de íaire venir les eaux d QÌ’Jléns
CO Keill’s Kemarks on Whiíîon’s Theory, (S) Patrick’s Comment, and. Ray ubi sup»
and Nicholss Conférence, Vol. I. p. ircí.
* Quoique W.Ra’eigli (1) donne trente milles Ma hauteur des Montagnes, il est certain néair»moins q ue j a plus élevée n’a que cinq milles de hauteur perpendiculaire. VQlynpe, dom l’élé-vation a ; été si exagérée par les Poètes, n’a qu’un mille & demi & environ soixante & dia pas-
CO Ral. Hist. of ihe Woild, B. I, c. 7. § s.