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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Ciiap. I. iSrle ait été inventée avant cette génération. Quelques Auteurs ont íup- g ECT VíI>posé que ceux qui ont vécu avant le Déluge, ont cultivé l’Astronomie; Etat dusupposition qui, selon toutes les apparences, n’est fondée que fur une er- Ehmdereur de Jojèphe (a): mais il y a lieu de présumer que les progrès qu’ils si- lerent dans cette Science, auffi-bien que dans toute autre, ne furent guères VeiUt > e ‘ _considérables ; y ayant raison de douter que les Lettres ayent été connues _avant le Déluge, comme nous le prouverons dans un autre endroit, quel-que opinion avantageuse que quelques Savans ayent conçue des connoissan-ces presque universelles $ Adam. Car, pour ce qui regarde les Livres qu’ona attribués à ce Père du Genre-humain, á Set h & à Hènoc (/-), l’impostureest trop grossière pour y être attrappé.

Pour ce qui regarde leur Police & leur Gouvernement Civil, nous n’en Leur Pvfaurions rien dire de certain. II y a apparence que la torme du Gouverne- à.ment, prescrite par les Patriarches, fut négligée lorsque la dépravation & laviolence eurent pris le dessus ; négligence qui éclatta dans la race deCdìn beaucoup plutôt que dans celle de Seth. II semble aussi que leursCommunautés étoient en très petit nombre, & étoient composées debien plus d’hommes que celles qui furent formées après le Déluge: ouplutôt, on peut agiter la question,si,après funion des deux grandes famil-les de Seth & de Caïn , il y a eu quelque distinction de Sociétés , ou quel-que diversité de Gouvernemens réguliers. II est plus vraisemblable quetout le Genre-humain ne composoit alors qu’une feule Nation , quivivoit dans une espèce d’Anarcbie. Cette Nation parloit probablementla même langue , & cette circonstance ne doit pas avoir peu contri-bué à cette corruption générale dont les habitans de l’Ancien Mondefurent infectés. C’est pour cette raison principalement, à ce qu’il pa-roit , que sitôt que ln postérité de Noé commença à devenir nombreu-se, le nombre des langages fut miraculeusement multiplié, afin de divi-ser les hommes en différentes sociétés. & de prévenir par-là à l’avenir unedépravation totale.

L’Etat du Monde Naturel avant le Déluge semble avoir été très diffé-rent de ce qu’il est á présent.

Avant le Déluge, la Terre étoit, selon toutes les apparences, peu- L'/inch nplée , non feulement de plus d’habitans qu’elle n’en a actuellement, mais Momiemême de plus qu’elle n’en sauroit contenir ou nourrir à présent. C’est e * 0,t p usce qui paroit suivre naturellement de la longue vie des premiers hom-mes , qui, surpassant le tems que nous vivons , dans la proportionmoins de dix à un, donnoit occasion à ceux qui ont vécu avant d'àprésent.le Déluge de se multiplier au double, environ dans la dixième par-tie du tems qu’il faut maintenant au Genre-humain pour cela.

Car ils engendroient des enfans aussi-tôt, & eeffoient d’en engen-drer aussi-tard que les hommes d à présent, toute proportion observée;

& les différens enfans du même Père semblent s’être suivis d’aussi près

(a) Supr. p. 133.

(O Sup. p. isgy 129.