182 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
SacT. VIL qu’ils font de nos jours. Or , comme plusieurs générations, qui ne font queEtat da se succéder de notre rems, étolent contemporaines avant le Déluge, leMonde nojnbre d’hommes vivans à la fois fur la Terre fera assez augmenté par ceavant le m oyen, pour réparer quelque dé la u t inconnu que ce calcul pourroit avoirDéluge. Railleurs. Suivant ces principes *, le Monde doit avoir éré extrêmementpeuplé au te ms de la mort d ’Abel, quoiqu 'Adam n’eût pas encore alorscent & trente ans: & le nombre des hommes avant le Déluge a pu aisé-ment monter à plus de cent mille millions (même selon la ChronologieSamaritaine ), c’est-à-dire, à environ vingt fois autant que notre Terren’en contient présentement, ou n’est capable d’en nourrir, vu façon*stitution présente (a). D’où il s’ensuit que, pour qu’un nombre si su-périeur d’habitans ait pu subsister , la Terre doit avoir été beaucoupplus fertile avant le Déluge qu après ( b ) , quoique la chute de nosprémiers Parens lui eût déjà beaucoup fait perdre de fa fécondité pri-mitive.
Lontrue Une des plus étonnantes circonstances qu’on trouve dans l’Histoire duvie de ceux Uonde avant le Déluge , est la durée prodigieuse de la vie des hommes‘av'iKt'k™ d’alors, comparée avec la brièveté de la nôtre. II y en a peu à présent quiDéluge 6 . atteignent l’âge de quatre-vingt ou de cent ans, au - lieu qu’avant le Délu-ge on vivoìt souvent au - delà de neuf siècles : disproportion si excessive,qu’on seroit en quelque sorte fondé à révoquer la chose en doute, si ellen’étoit rendue incontestable par les témoignages réunis des Ecrivainssacrés & profanes f. Or leur autorité fur ce point ne pouvant être éludée,quelques Savans,pour donner au fait dont il s’agit un air de vraisemblance,
(a) Whiílon’s Theory, p. 246, &C. (b) Ibid. p. 256.
* C’est une chose généralement reconnue à présent, & prouvée par de bonnes observations,que les hommes s'augmentent du double en environ trois cens soixante, ou trois cens feptam-te ans : ou bien (eu égard à de certaines calamités, comme les guerres, les famines , les ma-ladies épidémiques, &c.) en quatre cens ans (if Si-bien qu’en admettant que le Période,pendant lequel le Genre-humain s’esl doublé depuis la Création jusqu’au Déluge, n’a été quala dixième partie de celui qui a été nécessaire pour cela dans la fuite, on n’a qu’à prendre uneprogression de quarante nombres commençant par deux (savoir Adam & Eve') & que les dou-bler en quarante ans, ou en quarante & un, l’un portant f autre, jusqu’au teras du Déluge;par-là nous aurons en quelque forte le nombre du Genre-humain au teins que Noé entra dansl’Arche, aussi bien que dans les differens Siècles qui ont précédé cet événement; quoique cePériode, pendant lequel le Genre-humain s’est augmenté du double, doive avoir été pins courtdans les prémiers, & plus long dans les derniers teras de cet intervalle. Au reste,Mr, IVhiston
( 2 ) , à qui nous devons ces Observations, a réduit la supposition, dont il s’agic, en Calcul,comme on peut le voir dans la Table de la page suivante.
t allègue les témoignages de Maiiéfbon,de Bérofe ,de Mochm ,d'He/liée , de Jérôme
p Egyptien, & des Auteurs des Antiquités Phéniciennes. II dit auíTi qn'Hc/hde, Iíêcatée,Hellanicus, Acufilaus , Ephorus, & Nicolaus, ont attesté que les Anciens vivoient mille ans
(3) - De tous ces témoignages i! ne nous en reste aucun à présent, que çelui à'Hésiode (4)-
(1) Sir W. Petiy’s Effay pn rh? multiplication (2) Whist, Theory of the Earth, p. 249-pf Al.tnkind ; and the Philo so phi cal Transactions, (3 j Joaph Anr. L. I. c, 4. .
N. ISL. p. ;r> 7 > &c. (4) Heíiod, lu Opet. Sc Dieb, V. IZO,