DEPUIS LÁ CRÉATION JUSQU’AU DÉLUGE, Chap.'I. i8?
éau/que celle qui étoit renfermée dans l 'Abîme, est obligé de recourir à Seot. viluné explication plus extraordinaire. II dit donc que le.Soleil élevant des Etatâuvapeurs continuellement & avec force , & Sa Terre étant au commencement Mondemolle & humide, à mesure qu’elle devenait plus sèche, les rayons de cet leAstre dévoient pénétrer plus avant,& parvenir à lafinjusqu’augrand AM- Dé ‘ u ^ e 'me ? qui étroit , uhe source inépuisable dé vapeurs *. 11 écoit impossible àces 'vapeurs tfèire condensées dans les Régions les plus chaudes de la Terre:
& comme’aucutìe Montagne, ni ailcun Vent contraire, ne pouvoient les ar-rêter ou les .condenser, elles dévoient prendre leur cours vers les endroitsoù elles trouvaient lé moins de résistance, c'ést-à dire, vers les Pôles ouRégions froides., où elles allaient se dissoudre t-n pluye.ou en rosée; ce quiétoit pour la Terre une source égale & continuelle d’eaux pendant touteTannée: Reste isne difficulté assez considérable, qui est de savoir com-ment ces eaux ont pu couler sùr la surface unie de la Terre', & former desRivières. Pour la résoudre, notre Auteur suppose que la Terre n’étoit pas.exactement sphérique, mais de.sigure ovale, les parties polaires étant plushautes, c’est-à-dire plus éloignées du centre,que lès parriès équinoctiales ;situation qui devoit continuellement faire descendre vers les parties du mi-lieu les eaux qui tombaient fur les parties polaires : ces eaux dévoient aussiformer en chemin faisant des Lacs, A se subdiviser continuellement en Ri-vières, jusqu’à ç'e^u'e le Soleil les eût toutes élevées en vapeurs, ou queles fables bfulans de lá Zòhe torride les eussent toutes bues (a).
SïTón adfnet l’tme ou l’autre dé ces Hypothèses , la dispute, s’ily a eu. S’ily a euMi Aré-en-eÌ'e 1 ou non avant lé Déluge , fera bientôt, terminée. Car un Uf ! Jrc-en-,Air, dans.lequel il ne. tomboit point dé goûtes assez grandes pour. produi- ^re les réfractions & les réflections des rayons de lumière, dont l’Arc-en-cieldepend entiéremenc , ne pouvoir par;celá même offrir cet admirable phé-nomène aux veux des premiers habitans du Mondé; & pour. dire leVraice seroit quelqac chose d’assez étrange, que ce signe eût ser.vi à confirmer la»
(a) Btirnet’s Theory, p. 310, &c..
coup plus spacieuse que ceiie que nous habitons à présent, & plus proche du Ciel; quelle 1 'étoit parfaitement ronde ,. í^ns-Montagnes-ni Vallées^, mais toute creuse , &-pleiue de-cavùésen dedans, comme úne-épb'nge; que les hqmmes d alors respireiient un air plus.pur,.,& pás-ïsoient leur vie heureusement ,ps-Terre produisant d’èlíe-mèróe les plus excéllens fruits: mars,après quelques siècles,'les Dieux , irrités de ce que les hommes avòìent dégénéré :_d^ì^ urprémière innocence, secouèrent 6 violemment la Terre, que la plus'gràildè pártîe de la sur-face externe en tomba dans les cavernes inférieures ; que l’eau, contenue auparavant dansces réceptacles souterrains, fut obligée d’en sortir, & que c’est à cette cause que les Fon-taines , les Rivières , les Lacs , & la Mer , doivent leur origine : que cette partie de laTerre , qui ne tomba point, forma les Montagnes; & que les Iles & les Rochers, qui setrouvent dans la Mer, ne sont autre chose que des fragmeus de cette terre creuse dont laplus grande partie étoit tombée, dans l’espéce d’abîme dont nous venons de parierai).
* Cependant, si i e calcul qu’on a fait est vrai,, cette source auroit dû être épuisée long-teœs avant le Déluge ( 2 ;.
( 1 ) Fr. Patncio , délia Rhetorìca degli Anti- SeaturigiiK> |*. 4 r -à» apiui BUnmzin. de somma» Mutmei.fium (r) Snp. p- t«7» Note
A a 3.