192 HISiOÍRE ASIATIQUE, Lm. 1.
Suer. VIII. St. Jérôme semble avoir été le premier qui ait rapporté cette Tracìì-Bu Motion. Ararat , 61t ce Père de l’Eglife, est un Pays découvert, prodi-Ararat gieusement fertile, au travers duqael coule \'Araxe,m pié du Mont Tau-' 1 - lli; ’ rus. C’est pourquoi, par les Montagnes d’ Ararat , fur lesquelles l’Arche
s’arrêta, il ne faut point entendre les Montagnes de Y Arménie en géné-ral , mais les plus hautes Montagnes de Taurus , qui commandent les plai-nes $ Ararat (a). Ce font-là probablement les plaines dont nous avonsfait mention ci-dessus, qui ont donné leur nom au Pays. Un .Auteur duXIII. Siècle remarque, que près de la Cité de Naxuan [_Nakh-chuvân] setrouvent les Montagnes fur lesquelles l’Arche s’arréta, & que ì’Araxe cou-le à leur pié ( b ) ; depuis ce teins tous les Voyageurs qui ont été dansces Contrées ne parlent d’aucune autre Montagne d 'Ararat.
Cette Tradition nous paroîtroit d’une aussi grande antiquité que la précé-denre,si nous pouvions savoir avec certitude que la Montagne en questionétoit la haute Montagne Baris *, dans la Province de Minyas f en Arménie , furlaquelle, suivant une Tradition rapportée par Nicolas de Damas (c), plusieurspersonnes fe réfugièrent au tems d un Déluge, & fur le sommet de laquelleun homme échoua avec son vaisseau. Comme ce n’est pas une chose nouvellede trouver les mêmes reliques dans deux endroits à la fois, le même Auteurassure aussi que plusieurs pièces du bois de ce Vaisseau avoient été vues furle Mont Baris longtems après qu’il y fut échoué ( d ) : mais cette circon-stance peut être tournée en objection contre Baris , considérée comme laMontagne sur laquelle l’Arche échoua, cette dernière étant tenue pour
(a) Hieronym. m Efaî. XXXVII. (c) Joseph. Andq. L. I. c. 4.
(í) Rubruquis de Tartaris, c. 48. (fi) Ibid.
* Hochant ( 1 ) suppose que Baris , dans Ist Langue Arménienne , a le méme sens que àiraÇctTÍçîa descente, qui est le nom qu’on dit que cette Nation a donné à l’endroit 0C1 Noé descenditde f Arche (2); & a trouvé un mot Arabe qui a cette signification, & à peu prés le mémeson; mais nous doutons fort qu’il en trouve un Arménien', bardsr , en cette Langue-; si-gnifie haut , & peut avoir été donné à cette Montagne à cause de cette hauteur ; mais cen’est-là qu’une conjecture. D’autres disent que Bar h signifie en Egyptien un Vaisseau (3), &y trouvent par cela même une espèce de rapport avec l’Arche ; & que c’est à cette méme Ar-che qu’íl est fait allusion dans le nom du Temple de Baris, & dans celui des Montagnesd’/w-lar & de Nibar qui font aux environs (4), quoique leur situation soit très incertaine, aussi-bien que celle de Luhar dont parle Epipbane (s).
f 11 y en a qui prétendent que Minyas doit s’écrire Milyas (6) ; mais la première leçonnous paroit être la véritable^, puisque nous trouvons dans l’Ecrtture Minai joint avec Ara-fat. (7). Newton ne fait qu’un nom de Minni joint avec Ararat (K): &j] f e pourroic bienque le nom d’ Arménie fût composé de Har & de Minni, qui signifient ia Montagne deMinni ; quoique les Arméniens eux-mémes dérivent le nom de leur Pays de celui á'Aram >un de leurs Rois (9).
Bochart Fhaleg, L. I. c. 3.
!r) Joseph. Antiq. L. I. c. 4. fiuseb. de tocisHcbr ex înterp. Hieron.
(s) Herodot. Euter-p. Hefych.f4') Strabo, !.. XI. p. 75,5,, go;.
(j) Ful-lei. Mtseeil. Sacr. r. I. c. 4.
(<î) Voífius y apud Berxel. în Steph, VoceMiAoost.
(7/ Je'rém. LT. 27.
(a) Newton Cltrono-l. >>. 347.
(iSi Moi t s Choicn. Hist. Aim. p. 4»»