DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE,Ciiap. I. Ï 93
inaccessible. Cependant au pie dn Mont Baris se trouve une Ville Sect. VílL-nommée Cemain, nom qui approche assez de celui de Shemonab (a) , qui j) usignifie huit , & qui forme le nombre des personnes qui sortirent Ararat.
de l’Arche , & qui bâtirent cette Ville » à ce que disent les Armé- - r
niens ( b ).
A-la« vérité un Voyageur moderne a fait une objection, qui tend à renver- Objeùknfer l’une & l’autre de ces traditions: cette objection est, qu’il ne voit pas contre ces,où le Pigeon auroit pu trouver une feuille d’01ive,si l’on suppose que l’Ar- fratl^che a été arrêtée sur une des Montagnes d’Arménie, aucun Olivier ne fe tio,iS ‘trouvant aux environs (c); ni, à ce qu’on assure, en aucun lieu de YAfie au-delà d ’Alep , hormis un seul endroit près de Casbin en Perse (d). Cependantìl semble que la chose ait été autrement autrefois, puisque I’Ècriture parlede l ’Assyrie comme d’un Pays d Oliviers (s), & que nous savons d’ailleursque ces sortes d’arbres croissent en Gogarène , Province d'Arménie (f).
Un autre a remarqué que cette Montagne est si pointue par le sommet,qu’il n’y a guères moyen de comprendre comment les eaux du Déluge ontpu baisser assez vite, dans le tems que l’Arche étoit précisément au-dessus,pour la laisser dans un fi petit espace (£).
Mais il n’y a point d’Argumens qui puissent convaincre les Arméniens , que g eî Ar „ce ne soit pas ■ là la vraie Montagne fur laquelle l'Arche s’est arrêtée : ils méniéns "i’appellent Masîs ( h ) , & en dérivent le nom d ’Amafia * , le troisième Suc- appellentcesseur de Haikh (i), le Fondateur de leur Empire. Les Turcs la nom - cet:ement Agri dagh , c’est-à-dire, la grande Montagne {k); & P armai daghifff 12 Ma "
O) ratsr.
(b) Riibmquís ubi slip.
(e) Tournefort, Voyag. Lett. 7.
(rf) Tavernier Voyag. de Tunquìn,p. 181.(s) 2. Rois XVIII. 32.
(/) Strabo, L. XI. p. 800.
Q?) Poullet, Nouv. Relation du Levant,
Part. I. c. xo. p. 132.
(h) Rubruquis. Tournefort, ubi fup. Gol.Not. ad Alfarag. p. 237.
(0 Moses Choren. p. 47,
Ò) Cartwright Travels , p. 32. ChardinVoyag. en Perlé, T. I. p. 157. Tournefort,ubi fup.
* Cette étymologie détruit celle de Chardin , qui dérive le - mot Mufti du mot Arménien-Ma% ou Mefhech le fils de Japhet , dont, à ce qu’il dit, ce Peuple croit être la postérité,ll y a encore une étymologie P, r (t cime du mot Aziz, qui signifie en Arabe cher ou bien ai-mè (1); & cette épithète pourroit fort bien avoir été donnée à cette Montagne, puifqu’unVoyageur l’appelle A fie Majìs (2), par méprise peut être pour Azîz Majìs. D’autres Voya-geurs récrivent Mejjh Saur (fi) & Mafèjùfar (4), & disent que ces termes signifient laMontagne de s Arche', mais ceux-ci font auífi dans f erreur ; car quoique les /Irménitns don-nent le nom de Sér à une Montagne , le mot Ma lis pourtant ne signifie point une Arche. AinsiMajìs Sar ne signifie autre chose dans leur langue que le Mont Majìs'. mais les Voyageursfont sujets à faire de ces sortes de fautes, y en ayant très peu qui entendent la Langue desPays qu ils ont parcouru. De Majìs les Anciens ont fait íàns doute leur Mons Mafias, furla situation d uqu ei ils 0 nt été auílì peu d’accord entre eux que les Modernes (5).
fi) Chardin, Voyag. e n Perse, T. X. p. ict.Iaicas, Voyag. I T. U c. 2,
(2) Newbeny ìn l'urchus, Part. n. p. 7^,^
(}) Cartwright, ubi snp, Tavernier Voyages,
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1. I. c. 4.
(4) Gemelli, Voyages, T. II. L. I. c. r.
(s ) Cellarii Geograjh, Antiq. Vol. U. L, IU»e. n. p. rzr.
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