DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Ciìap. II. 251Le fils de Thabion, qui fut le premier Directeur des Rites sacrés q u'il ysecr. ih.ait jamais eu parmi les Phéniciens , tourna toutes ces choses en Allégories j Hifîoìre de&, après avoir mêlé les Faits avec des Phénomènes Physiques, il transmit le Sanchoma-tout à ceux qui célébraient les Orgies, & aux Prophètes qui présidoientaux thon aprèsMyfières: ces derniers y ajoutèrent de nouvelles Fables, qu’ils transmirent Ie Délu s e -à leurs Successeurs, & à ceux qui furent dans la fuite introduits parmi eux;un defquels fut Ifiris * l’inventeur de trois Lettres , & frère de Chna , lepremier Phénicien, comme il fut appelle dans la fuite (a),
Nous venons d’offrir aux yeux de nos Lecteurs le peu qui nous reste des ExamenAntiquités Phéniciennes , rassemblées par Sanchonìathon ; où l’on reconnoit áeî Cor -ouvertement le commencement de l’Idolâtrie, & où l’on avoue ingénu-ment que les Dieux des Phéniciens écoient autrefois des hommes mortels tberiand™"absurdité que les Grecs avoient tellement honte de confesser , que pour ne putes danspas faire un pareil aveu ils tournoient en Allégories toutes, les Histoires Sancho-des Dieux (b). Un savant Prélat moderne f , qui a travaillé à donner matl50a *l’explication de ce Fragment, & à l’accorder avec I’Eckiture , y afait danscette vue plusieurs corrections & différens changemens; supposant que lesMémoires, dont Sanchonìathon a ciré Ion Histoire, ont été corrompus dansles endroits dont il s’agit, par les Cabires, qui en ont été les premiers Ecri-vains, & qui, en particulier , n’ont à dessein fait aucune mention du Dé-
(«) Sanchon. apud Eufeb. p. 40, 41. (S) Stillingfleet Orig. Sacra. L. I. c. 2. §. 7.
• Cumberlaml conclut de ce qu 'Ifiris est appelle ici frère de Chia ou Canaan, qu’il doitavoir été Mtfor ou Mizraim, le père d a Thoth (1). 11 remarque de plus, qu’ Hellanicus,Auteur plus ancien qu 'Hérodote, atteste avoir souvent ouï les Prêtres Egyptiens prononcerle nom Osiris , Hyfins (2) ; le mê.ne Ecrivain dit que Sanchonìathon a représenté Jstris ouMizraim , & Thoth , comme Phéniciens , pour faire honneur à son Pays. 11 ajoute, que laraison pour laquelle cet Auteur nomme Ifiris en cet endroit la même personne qu’il avoit nom-mée auparavant Mi fur , étoit à cause que dans la partie précédente de son Ouvrage, il écri-voit le nom comme il l’avoit trouvé , se faisant un scrupule de sc départir de ses Mémoires ;au-lieu qu’il écrivoit ici le nom, dont il s’agit , de la manière dont on le prononçoit de l’ontems, par respect pour l’usage établi (3). II répond à ^objection , qu Ifiris ne sauroit êtreMìzraìm, parce qu’il n’est pas apparent que celui-ci ait tourné en Allégories des Dogmes delleligion, & que son fils Thoth en ait fait des Histoires déguisées en plusieurs manières ; il ré-pond , difons-nous, qu eThoth, avant que de partir pour aller régner en Egypte , a pu faire écri-re aux Cahires cette explication Historique, pour le soulagement de fa mémoire, & pour mon-trer aux Egyptiens que la forme du culte religieux des Egyptiens étoit moins ancienne que cel-le des Phéniciens. Au reste , ajoute Cumberland, le but de Thoth n’étoit pas d abolir, maisd expiíq uer j a Religion établie par son père. Enfin, dit-il, toutes ces Cérémonies Allégori-ques rapportées par Plutarque , & attribuées par lui aux Egyptiens, ne lauroient être aulîì an-ciennes que Mizraim, puilque plusieurs d’emr’elles se rapporteur à fa mort, & que Plutar-que avoue qu’elles ont été ajoutées par Ifis (5).
í '~ um berland, dout uous avons jusques ici rapporté les Notes fur Sanchonìathon , n’ymêlant presque rien du nôtre , parce que uous avions réservé nos Remarques pour cetendroit.
Cumberl. on Sanchon. p. B4 , 90 .Plutareh. de Ifide & Ohride, p. 364.*Cumberl. on Sanchon, p. 101, IO z,
(4) Plutareh. ubi supra.
(jj Cumberl. on Sanchon. p. J03 , 5 cc.
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