DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM, Chap. II. 257
dans ces quartiers (a) , & qu’ils désignent par Je même nom. Ptolo- Sect. lv.mèe place au même endroit ( b) la Ville & la Montagne de Sìngara. Que Pays deíi nous réunissons toutes ces autorités , il semblera que nous avons droit Scinhar.de conclure que la Ville , la Montagne *, & la Contrée de Sìngara, font p“. nee du 'la Contrée, la Montagne, & la Ville, connues dans Y Orient fous le nomde Senjâr ( c ). La partie de la Mésopotamie , que les Astronomes choisi- Avant j C.rent du tems du Calife al Mamûn , pour mesurer la grandeur d’un degré 2597.
d’un des grands cercles , étoit le Désert de Senjâr (d) : Désert que la na--
ture de l’entreprife démontre avoir été étendu aussi-bien qu’uni : Sc c’estce Désert, que nous croyons avoir été du moins une partie de l’anciennePlaine de Scinhar.
La Ville de Senjâr étoit située dans les parties Septentrionales (à ce quenous croyons) du territoire qui en dépendoit dans le Désert, au pié d’unecertaine Montagne (peut-être celle du même nom) .á vingt & un milesde Balad , & à vingt & sept de Moful ; Mosul & Balad étant toutes deuxsituées fur le Tigre à vingt & un miles l’une de sature (e). On prétendque la Ville de Senjâr étoit au Midi de Nisibîn , à la distance de quelqueslieues du Tigre à l’Occident (/), de-même que de Mosul (g) ; par où ilparoit que Ptolomèe fe trompe, en plaçant Sìngara fur ce Fleuve. Pour cequi regarde la différence qu’il y a entre les mots de Scinhar & de Singar ,elle est très petite, puisqu’en Hébreu le même caractère est employé pourY Ain & pour le Ghain f. Senjâr fe trouve aussi sous un autre nom, savoiralSâmara (h) ; nom qui semble être une abréviation de Sarra- manrai,
Ville située à l’Orient du Tigre, quelques lieues au-dessus de Baghdad, &pendant un tems le Siège des Califes (/).
Les fils de Noé furent à peine parvenus à cette Plaine, qu’ils songèrent à Commen.bâtir une Ville (k une Tour. Les Savans ne font point d’accord fur le sens cernent dedu passage qui exprime cette entreprise: puis ils dirent, bâtijsons-nous une Nil- ^
Babel,
(pi) Sextus Rufus, Pomp. Lœtus.
(b) Ptolem. Tab 4 Alia.'.
(c) Geogr. Nub. p. 201. Thevenot,
Voyages, P. II. c. 10.
(d) Gol. Not. ad Alfragan. p. 72.
(e) Geogr. Nub, p- 201.
* Haithon f Arménien écrit, qu’il y a en Mésopotamie deux Montagnes d’une grande lon-gueur, & pleines d’arbres fruitiers , donc celle qui est le plus située à l’Orient s’apelle Sin-jar, & l’autre Lejson (1;. Le Désert ou la Plaine de Senjâr est probablement entre ces deux-chaînes de Montagnes. Nous 11e saurions concevoir fur quel fondement Heidegger taxe U ai.thon de s’être trompé, l’acculànt d’avoir fait Senjâr une Montagne de Châtiée (2) • c est Hei-degger lui-même qui fe trompe, en rapportant ce qu’il avoir trouvé dans un Chapitre , où ifs’agit de la Mésopotamie , comme appartenant au Chapitre précédent, qui traite de laiChatJée.
t C’est ainsi que rnvv peut s’écrire ou Gomorrah , ou Amorrab: níjí, ou Gazait , ou Ass*zah , comme nous trouvons ce mot écrit à la marge de nos Bibles (3).
(ij Haitho de Tartans', c. n, Giinsi Nov. (rl Heidegg. Bist- Pau» T. I, g, 4,11©ib» x> - (j) Genel. X- is,
(f) Golius ubi fupr.
(g) Hyde de Rel. Vet. Pers. p. 64.
(/») Abuìfar. Hist. Dyn. p. 18.
( Gol. ubi fupr. p. 130. Geogr. Nu»biens. p. 203,