DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM, Chap. IL 259
Ce grand évènement arriva un peu avant la naissance de Péleg , l’an du Sect. IV.Déluge 401, après que les Architectes de Babel eurent employé vingt & Construit.deux ans (a), & suivant d’autres quarante ans (b), à cet Ouvrage; par de Babel >où il paroi t qu’ils mirent la main à l’œuvre dix, ou, tout au plus, vingt & duhuit ans après la mort de Noé.
Plusieurs Savans, considérant la confusion des Langues & la dispersion du Avant j. C.Genre-humain comme des châtimens de la part de Dieu, ont regardé la 2597.construction de Babel comme une entreprise criminelle * : &, comme ils ~Z T~s’intéressent à l’honneur de Sem & de fa race , ils nient qu’aucun d’eux y cet e t ^ S e f eait eu part; supposant que l’entreprise n’a été formée & exécutée, que par treprife.la partie la plus corrompue du Genre-humain (c) , qu’ils croyent avoir été si cettedésignée par les mots de Fils des hommes (d). D’un autre côté, il s’en trou- entrepriseve qui prétendent, que, non seulement Sem , mais aussi Noé & Abraham , (qui étu st cn-étoient contemporains, suivant une manière d’ajuster la Chronologie du mme F e0SíTexte Hébreux ), ont eu part aux ouvrages dont il 8'agit (e) : pendant qued’autres disent que Nimrod , que presque tout le monde regarde comme undes principaux auteurs de cette criminelle entreprise (/),s’étoit retiré euAJjyrie , parce qu’il ne vouloit pas y consentir (g).
La Construction de Babel étoit une chose indifférente en elle-même,c’estce qui paroit par le silence de ('Ecriture, qui ne condamne point l’entre-prise comme téméraire , ni n’insinue en aucun endroit que Dieu eût faitquelque défense sur ce sujet. A u reste il est clair que la famille deSem a eu part à l'ouvrage , aussi-bien que les autres, puisqu’elle apartagé le châtiment (si c'en est un) savoir, la confusion des Lan-gues , quoique ce dernier point soit nié par plusieurs ( h ) ; car les Lan-gages d ’Elam ou Perse , d ’Assyrie , & de Mésopotamie ^ étoient dissérens,comme J’étoienc auíïì ceux des Descendans mêmes d 'Eber , les Ara-bes , & les Juifs ; ce qui est néanmoins révoqué en doute par d’au-
(a) Toniiellus, Saliauus, Pererius, &c.(S) Syncell. Chronogr. p. 80, EutychiusAnnal. p. 5?.
(c) S. Morin. Exercit. de Ling. c. 8. p.47. Scotanus Hist. à'acr. p. 48. &c. Mars-ham Chron. Canon, iecul. 17. p. 478. Vonder Hart Ephemer. Phílol. Dise. 3. lisser.Chronol. Sacra Part. I. c. 5. p. 26. GurtlerHist. Univers, c. 9 p. 93. Bochart. Phaleg.L. I. c. 10. August. de Civit. Dei , L.XVII. c. j.
( à) Genes. XI. 5.
(e). Aben Ezra apud R. Cédai, in Shalsh.Hakkab. p. 7. b.
C/) Joseph. Antiq. L. I. c. 5. Von derHart Ephemer. Philol. Dise. 3. August. deCivit. Dei, L. XVII. c. 4. Constant. Manaff.Annal. p. 14.
(g) Sup. p. 222.
(b) Buxtorf. in Dissert. Philologico-Theo-Iog. p. 70. Chrylòstom. Homil. Z o. in Cè-nes. Fuller Mííceli. Sacr. L. IV. c. 4 - Lesta-nus Bibl. /Etat. sec. p. 91. Heidegger Hist,Patriarch. Toin. I. Exercit. 16. §. 16. StephiMorin. ubi supr. p. 44. & 68.
* Un savant Théologien Anglais , qui est de ce sentiment, suppose que cette Tour (dontla forme pyramidale restémòle (dit-il) à du feu , ou du moins à la flamme , qui se termine encône, étoit un Monument érigé à i honiienr du Soleil, que les Architectes regardoient commela principale cause de ce que les eaux du Déluge avoient été enlevées de dessus la Terre (1).Mais cette idée n’a pas le moindre fondement dans l’IÏCRiruRE.
(r) Teuiscm of Idolatiy.
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Tome I.