Secr. IV.
Confirait,tle BabelAnnée duDéluge401 ,
Avant J. C3597-
260 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.ires (a), tnais à tore. D’un sucre côté, s’il suffit d’avoir parlé Hébreu ,pour n’avòir eu aucune part à )a construction de Babel, il s’ensuivra queles Cananéens , auffi-bien qu ’Eber & ses descendans , n’y ont point eu depart, puisque leur langue écoit la même que la Langue Hébraïque.
Cette prétendue absence des descendans de Sem , d’un côté ; & , del’autre, fopinion communément reçue par ceux qui suivent la Chrono-logie du Texte Hébreu, savoir que plusieurs Nations ont été fondées avant■ la dispersion ; sont détruites par le témoignage de I’Ecriture , qui donneclairement à connoître, que tout le Genre-humain alors existant. fans excep-tion, étoit assemblé dans la Plaine de Scinhar *: & il est probable, qu’a-près la Construction de Babel , Sem & ses descendans allèrent s’établir dans
(s) Epiphati. apud Glycam, Annal. p. 3. Constant. ManaíT. Annal. p. 14.
* Dans toute l’Histoire de Moyfe, il n’y a point de fait qui paroisse plus certain que celui-ci. Aussitôt que l’Ecrivain sacré a conduit les trois fils de Noé hors de l’Arche , il a foin denous informer, que par eux toute la Terre fut peuplée (r). Et, après avoir rapporté lesnoms de leurs descendans au teins de la dispersion, il ajoute que de ceux-là ont été diviséesles Nations fur la terre après le Déluge ( 2 ). Continuant ensuite à rendre compte de ce mé-morable événement, il nous apprend que toute la l'erra étoit d'un langage, & de même pa-role ( 3 ) Que comme ils, savoir tous les habitans de la Terre, partirent d'Orient , ils trouvè-rent une campagne au Pays de Scinhar, où ils habitèrent. Et ils dirent l'un à l’autre, fai-sons des briques , 2? bâtifsons-nom une Ville 2? une Tour. Alors VEternel descendit , pour voirla Ville 2? la Tour que báti[fo ; ent les fils des hommes , 2? dit , voici ce peuple est un , & tousont un même langage ( 4 ). Ces paroles signifient incontestablement, que comme tout le Genre-humain, assemblé-!à en un corps, n’avoit qu’uu langage , de-même tous ceux qui avoieut unmême langage étoient assemblés en un corps ; argument d’autatit plus pressant, que tous lesSavans font d’accord qu’il n’y avoit qu’une feule langue au Monde avant la construction deBabel , à qui ce nom fut donné, parce que f!Eternel y confondit le langage de toute la Terre,2? de-là les dispersa fur la face de toute la Terre (z).
11 paroit clairement dans toute cette narration , depuis un bout jufqu’à fautre, que tout leGenre-humain fut assemblé en la plaine de Scinhir, & eut part à la construction de Babel-,Scil semble même que Moyfe ait fait des répétitions qui ne lui font pas ordinaires, pour incul-quer la vérité de ce fait, & pour qu’il ne restât aucune raison de supposer que quelque branchede la postérité de Noé étoit en ce tems dans quelque autre partie de la Terre. C’est pourquoiles argumens qu’employent quelques-uns, savoir que ces mots , toute la Terre, fout souventpris dans I’Ecrituke dans un sens limité (d), & Ion t même quelquefois restreints au seul Paysde Promiffion ( 7 ); comme aussi, que cette expression , les fils des hommes , marque que lesArchitectes de Babel n’étoient composés que de la partie idolâtre du Genre-humain, parce quec’est-Ià le feus de cette phrase en d’autres endroits de 1 ’Ecriture ( 8 ) ; ne sont ici d’aucune for-ce: le sens de tout le récit (par lequel on doit toujours juger de ia lignification de quelqu’unedes parties) étant directement contraire à une pareille explication , & cette dernière phraseétant manifestement employée pour varier ('expression. Outre cela , ceux qui allèguent cedernier argument, semblent n’avoir pas fait attention , qu’il n’est guères possible, qu’avant ladispersion, une partie du Genre - humain ait .été infestée d'Idolâtrie ; y ayant toute l’apparencedu monde, que les hommes ont eu une même croyance , aussi longtems qu’ils ont vécu fou*un même Gouvernement.
(O Gènes. IX. iíi.
(O X. } z.
(fl soi?- XI. I.
(4; Ih:d. V. 2 3 . t í
(s) ib id. v. *; U J • *•
(d) Jerem. Î.I. 7 , 4». Dan. II. 39,
(?) Jug. VI. 37. 1. Sam. XVII. 46. EsaieX. ' 4 ?(8) 1. Sain. XXVI, is. r. Sam. VU. 14. klsaan»,
xu. r.