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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM, Ciiap. IL 261

la Contrée voisine («). Si bien que le plus que nous puissions accorder,avec Buxtorf (b) & quelques autres, se réduit à ceci; savoir, queSm &sa postérité tachèrent de détourner les descendans de Cam & de Japhet deleur entreprise.

II est naturel que nos Lecteurs souhaitent d’avoir une idée un peu exactecfune Ville & d’iine Tour à la construction desquelles tous les hommes d’a-lors travaillèrent pendant tant d’années. L’Eckiture nous apprend, qu’ilsse servirent de briques cuites au feu au lieu de pierres, & de bitume aulieu de mortier (c). Suivant une Tradition Orientale , ils employèrenttrois ans à faire ces briques, dont chacune avoit treize coudées de longueur,dix de largeur, & cinq d’épaisseur (d). La matière avec laquelle ces bri-ques étoient cimentées, étoit une substance bitumineuse (e),qu’on appor-toit d’une Ville, située dans le voisinage de Babylone , & appellée 1 s (f)ou Hit *. Les Ecrivains Orientaux disent que la Ville, bâtie par les fils de

(«) Vide Sect. 6 . (d) Ebn Amîd,p. i4.Eutych. Annal.p,53,

( b ) Buxtorf, Dissert. Philologico-Théol. (e) Joseph. Antiq. L. I. c. 4.

p. 70. (f) ílerodot. Clio, p. z2.

(c) Gen. XI. 3.

* II est étonnant que de tous les Auteurs modernes qui ont parlé de Babylone, aucun,excepté Bochart (r), n’ait relevé cette particularité dans Hérodote. Cet Historien observe,que prés de la Ville d'Is, à huit journées de Babylone, il iè jette une petite Rivière du mêmenom dans l’ Euphrate, dont les eaux emportent avec elles beaucoup de bitume, qu'on fait ve-uir de-là à Babylone. Diodore dit qu’il y a dans ces endroits une si grande quantité de bitume,que les habitans en ont assez, non seulement pour leurs bâtimens, mais auíîi pour leur chauf-fage, pouvant le brûler comme du bois (2). Hit est appellé JEliopolis par Isidore de Charax(3), qui assure que les sources de bitume font prés de-là, & qui place cette Ville fur VEu-phrate , environ cieux cens & quinze miles à POuest de Sèleucie sor le Tigres mais quelquesEcrivains modernes placent Hit 3 paralànges, ou environ 128 miles à l’Ouest de Bagdad (qu’011suppose être située dans fendrait, où prés de fendrait, où étoit Sékucie'j. Les mêmes Au-teurs mettent Hit 21 parasanges à l’Ouest d 'Ambâr, autrefois fameuse Ville sur l 'Euphrate (4),pas loin au Nord de Félujiah , & 8 parasanges au Nord de Kadéfia, Place fameuse par la ba-taille où les Arabes remportèrent une victoire qui décida de la destinée de la Perje (5).

Ces sources de bitume font appellées Oyûn tìît, les Fontaines de Hit, & fout fort célébréspar les Ecrivains Arabes & Persans : ceux-ci les appellent Gheshmeh Kir, la Fontaine dePoix. Ils appellent cette substance bitumineuse Nafta ; & les Turcs , pour la distinguer dela Poix, lui donnent le nom de Kara Sakiz, ou Mastic noir. Un Géographe Persan dit,que ce Nafta sort des entrailles de la Terre,comme l’Ambre-gris fort de celles de la Mer (6).Tous les Vòyageurs modernes,à l’exception de Ratmolf, qui alla en Perse & aux Indes par lâroute de {'Euphrate, avant qu’on eut découvert le Cap de Bonne Espérance, parlent de cette Fon-taine de bitume liquide comme d’une chose merveilleuse. Quelques uns d’eux (7 j font mentionde la Rivière dont parle Hérodote ; & assurent qu’il y a une tradition parmi le peuple du

<i) Bochart Phaleg. l. r. c. II. (j) D’Herbel. MI. Orient. Art. Hit, Ambar,

(2) Diod. Sic. L. II. p . , 0o> k Cadessia.

(3) Inter Geog. Vet. Grâce. Ed. Hndsoni U) lbid. Art. Hit.

Vol. H* (7) Eldreci. Sce Hackluit s Collection ofVoya*

(4) Golii Not. ad Alfragan. p. 124, i 2 j. ges. Vol. r.

Geogr. Nubienl. p. 19 »,

Ll 2

Sect. IV.

Construit,de Babel.Année duDéluge401.

Avant T. C.= 597 .

Descriptionde Babel.