goL HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. VI. la moindre apparence que ceux-ci ay en t connu ce Fils de Noè, entre quiDispersion & eux il y avoit un si grand nombre de Siècles.
du Genre- i. Goincr , le Fils ainé de Japhet , suivant Jojèphc ,fut le Père des Gomé -Humain, rites, appelles par les Grecs Galates (a), qui éroient les Gaulois de Y A fieAnnée du Mineure, habitant une partie de la Phrygie. C’est le sentiment de Bochart401^ (^)- à st ce sentiment est véritable, ceux qui dérivent les Cimbrcs deAvant j. C. Gomer, ne semblent pas mal-fondés, les Cimbres paroissant être le même2597- Peuple que les Gaulois , ou Celtes, fous des noms différens: & c’est une^ Goraer qui mérite d’ètre observée, que les Gallois, qui font descendus des
Gaulois, se donnent encore le nom de Kumero ou Cymro, & de Cumeri.Quoi qu’il en soit, les Paraphrastes Chaldaïques doivent certainement se trom-per en plaçant Gomer en Afrique , puisqu’il paroit par ce que dit Ezéchiel(c ), que Je Pays de Gomer est situé au Nord de la Judée. D’ailleurs il estclair que ce Pays est à l’Ouest ou au Nord-Ouest de Madai ou la Médie ,puisque le même Prophète dépeint les Descendans de Togarmah (un desFils de Gomer , & par conséquent,, suivant les Règles que nous avons éta-blies , faisant son séjour dans le même Pays que son Père avoit habité)comme ayant commerce avec ceux de Tyr en Syrie ; ce qui ne leur auroitété guères possible, s’ils avoient deméuré au-delà de la Médie, au traversde laquelle on ne leur auroit apparemment point permis de passer. Ainsinous laisserons Gomer où le savant Bochart le place, savoir en Phrygie (d),sans nous embarasser beaucoup à prouver que ce mot est une TraductionGrecque de son nom.
Ashkenaz. Les Fils de Gomer doivent problablement avoir demeuré aux environs dela Phrygie. 1. Ashkenaz semble avoir fixé son séjour près de Y Arménie (s),dans la Partie Orientale de Y Asie Mineure ; car parmi les Nations que lesMèdcs dévoient amener avec eux fous Cyrus pour détruire Babylone , I’Ecri-ture met Ararat, Minnì, & Ashkenaz. Mais si l’on a égard aux tracesqu’on trouve du nom dont il s’agic, Ashkenaz paroit avoir habité au Nord-Ouest de Y Arménie ; car le Lac Ascanien étoit en Bithynie, aussi-bien qu’u-ne Rivière appellée Afcanius, & une Baye du même nom. Outre cela,il y a eu autrefois dans la petite Phrygie une Ville nommée AJcania , & desIles Afcaniennes: à quoi l’on peut ajouter, qu’outre Afcanius Fils d’Enée,Homère fait mention d’un Roi du même nom, qui s’est trouvé au Siège deTroye. Pour prouver que cet Ashkenaz, dont parle Jèrènne, s’étoit é-tabli dans ces Contrées, on allègue un Passage de Xénophon (f ), oùil est dit qu 'Hystafpes , ayant conquis cette Partie de la Phrygie quiest fur YHellefpont , amena de ce Pays plusieurs Soldats, qui accompagnè-rent Cyrus lorsqu’il alla assiéger Babylone. En un mot, le Pont Euxin , ouAxin, comme les Grecs l’appelloient au commencement, pourroit fort bienêtre la même chose que la Mer d'Ashkenaz (g)} Si la conformité des noms
VÌ àn Phaleg. L. II]
(c) Ezéch. XXXVIII. 6.
(d) Bochart. m loco supe:
(e) Jérém. Ll. 27.
(/) Xenoph. Cyropœd. L. VII.(z) Bochart. Phaleg. L» III. c. 9.