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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM, Chap. U. 315

de s’appliquer à ces Arts, qui, dans d'autres circonstances,font rarement Sect. vu.portés à quelque degré de Perfection. Car, après s’être e'tablis dâns quel- Etailife-que Pays,ils ont été suffisamment occupés en cultivant la Terre,(cequils mens desne faisoient néanmoins dans ces premiers tems, où la Propriété & la Sûreté í rémicrsdes Possessions n’étoient pas encore bien établies, qu’autant qu’il le falloitpour subvenir à leurs besoins pré sens,) & en travaillant à fe pourvoir deschoses les plus nécessaires à la Conservation de leur Vie (a). Outre cela,ils étoient souvent obligés de sc transporter d’un endroit dans un autre quileur convînt mieux; & il s’eíl écoulé un espace de tems très considérable,avant qu’ils ayent formé un Corps de Société dans une Ville; & que, de-làrépandus dans des Provinces,ils ayent déterminé les Bornes de leurs Ter-ritoires (b). Au moins deux ou trois Siècles doivent s’être écoulés, avantque tout cela ait été fait ; & il n’est guères apparent que ceux dont nousparlons, sc soient amusés à des Observations Astronomiques,ou à .d’autresSpéculations subtiles, pendant qu’ils avoient d’autres Occupations bien pluspressantes. D’où il s’enfuit que si les Observations Astronomiques desBabyloniens , donc CaUifihène envoya le Calcul à son Maître Arijlote (c) ,étoient aussi anciennes qu’on le prétend, savoir de 1903. ans, ces Obser-vations forment une nouvelle Démonstration de la Fausseté de la Chronolo-gie Hébraïque ; puisque, suivant cette Chronologie, elles auroient com-mencé environ cent ans après le Déluge.

Le Commerce sc faisoit, selon toutes les apparences, avec plus de faci- £>« cw-lité avant le Déluge, puisqu’on ne parloit probablement alors fur la Terre meTCS -,qu’une seule & même Langue. Cependant il n’étoit pas aussi nécessaireen ce tems-là, qu’il Test devenu dans la fuite; non seulement, parce queles besoins des Hommes ont été augmentés par les sinistres effets du Dé-luge (d) ; mais aussi, parce qu’ils demeuroient plus près les uns des autres,

& qu’ils étoient en état de se pourvoir des choses nécessaires en faisant desEchanges avec leurs Voisins, fans être obligés d’ailer fort loin. I] paroit«Bailleurs incontestable,qu’ils 11’avoient point de Vaisseaux pour aller trafi-quer dans des Pays éloignés ; car fi la Navigation avoit été inventée alors,ìl semble que quelques autres auroient échappé au Déluge,outre Noé & faFamille. Mais, après le Déluge, & la Dispersion du Genre-humain,d’un côté il devint plus difficile de trafiquer avec des Nations qui parloientdifférentes Langues, & de l’autre les Besoins des Hommes augmentèrentpar cette Dispersion ; les Colonies, qui s’étoient établies dans de nouveauxPays, ne s’appercevant pas seulement de leurs propres Besoins par lesagrémens qu’elles se souvenoient d’avoir eus dans leurs prémières demeu-res, mais trouvant aussi dans le séjour qu’elles venoient habiter, d’autresagrémens qui seur avoient été inconnus jufqu’alors. Cela étant, il étoitnaturel que ] es Hommes fissent venir ce qui leur roanquoit, des Lieuxqu’ils avoient autrefois habités, & qu’en échange ils y apportassent ce qu’ils

(a) Thucyd. L. I. sub iuitio. ( e ) Simplic. de Cœlo, L. II.

Stiilingfl. Orig. Sacr. L. I. c. 1. §. î6 , (,/) Supra p, 184., 185.

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