pí HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Ssct. I. Thévenot (a), haute de vingt & six piés, & en a quinze depuis i’oreiíleDescription jufqu’au. menton: mais Pline assure que ia tête feule n’avoit pas moins deiie l’Egypte. cent deux piés, & que !e corps étoit long de cent-quarante-trois piés, à
-passoit pour être le Sépulcre du Roi ámajxs (b). U y a une autre Figure
pareille, près du Lac de la Matarèe , qui est couchée fur le côté, la têteayant été séparée du corps (c).
Manière On conçoit aisément qu’il n’étoit pas possible que le NU fe répandît par*Ramener £out de lui-même dans une juste proportion. Pour remédier à cet incon*leurs ter- vênient, les Habitans ont creusé, avec des peines infinies, un nombre pro-tft. digieux de Canaux & de Rigoles depuis un bout de \'Egypte jufqu’à î’au-tre,pour conduire l’eau par-tout; de manière que chaque Village même ason Canal, qui est ouvert dans le te m s qu’il faut, & par le moyen duqueiseau est conduite jufqu’aux endroits les plus reculés. II n’est pas permisd’ouvrir ces Canaux ou Rigoles avant que la Rivière ait atteint une cer-taine hauteur, ni tous à la fois; parce qtt’en ce cas quelques Terres au-roient trop d’eau, & d’autres trop peu ; mais on les ouvre d’abord dans laHaute Egypte, & ensuite par degrés dans la Bafi’e, conformément à cer-taines Règles établies fur ce sujet. Par cette méthode l’eau est si bienménagée, que si elle s’élève à la hauteur de vingt-quatre piques, il y en a■assez pour tout le Pays, qui est fi grand, & dont les Canaux Ibnt si nom-breux, qu’on croît qu'a peine la dixième partie des eaux du Nil entre dansia Mer pendant les trois prémiers Mois de son débordement. Cepen-dant, comme certains Lieux font trop hauts pour pouvoir être arrosés parle moyen des Canaux, les Egyptiens font obligés d’y employer le secours dequelques Machines. Ils en avoient autrefois une de finvention d ' Archimè-de, connue fous le nom de Pompe Egyptienne (d); mais à présent ils fefervent généralement de Roues auxquelles il y a des Vaisseaux de terreattachées, qui tiennent chacun environ sept ou huit pintes, & avec les-quels ils tirent l’eau des Canaux. 11 y a outre cela en Egypte un nombreprodigieux de Puits, dont on tire l’eau de la même manière, pour arroserles Jardins & les Arbres fruitiers: si bien qu’il n’y a aucune hyperbole adi-ré, qu’il y a en Egypte plus de deux-cens mille Bœufs journellement em-ployés à ce travail ; fans compter les Hommes qui portent l’eau dans despaniers, d’osier si bien faits, qu’il n’en passe pas une feule goûte à tra-vers. Comme le Pays est fort uni, ils partagent leurs Jardins en petitescouches quarrées, qui font toutes environnées de rigolés plus hautesque le niveau des Jardins. Ainsi, quand ils veulent arroser quelqu’unede ces couches, ils ouvrent une des rigoles, qui fournit aussitôt la quan-tité d’eau qui est nécessaire, après quoi ils la bouchent de - nouveau, &par ce moyen ils ont les plus beaux & les plus fertiles Jardins du Monde.
OO Thevenot,Voyage?,Totn. If. c. 5. p. 426. (c) Lucas, Voyâg. T, II. p.313,321,&e.W Plie. Nat. Iiist. L. XXXV/. c. 12. [d) Diod. Sic. L. I. p. 30. & L. V. p. 313-