secT. I.
Descriptionde l’Egypte.
Raretés ar-tificielles deHCgypte.
Les Pyra-mides.
Origine dete nom.
334. HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Les autres Plantes, des fruits ou des racines desquelles les habitans fenourrissent, sont en si grand nombre, «St si excellentes chacune dans leursorte, que les Egyptiens peuvent facilement fe passer de Blé (a) : ce qui estsi vrai, qu’autrefois les Laboureurs fe nourrissaient presque uniquement deLégumes & de fruits. Ainsi il n’y a pas lieu de s’étonner que les Israélitesregrettassent dans le Désert les Concombres, les Melons, les Porreaux & lesOignons d ’Egypte (/;).
Les Bâtimens & les autres Ouvrages des anciens Egyptiens , qui ont faitdepuis tant de Siècles I’étonnement de tous ceux qui les ont vus, méritentune considération particulière.
La première recherche que font ceux qui souhaitent d’être au fait desRaretés de cette Contrée, regarde les Pyramides, ces prodigieuses Masses,que les Anciens ont eu raison de ranger au nombre des Merveilles du Mon-de. II y en a plusieurs dans différentes parties de l 'Egypte, ôc particulière-ment dans la Haute-Egypte, comme nous savons déjà remarque'; maiscelles dojnt les Voyageurs ont fait plus particulièrement des Descriptions,font à l’Occident du Nil, pas loin de Jìzah, bâties au même endroit oùétoit autrefois Memphis. Le nombre en monte environ à vingt, dont trois,fort peu éloignées les unes des autres,sont les plus remarquables,«Stpréci-sément les mêmes que celles dont nous avons tant de Descriptions. Lesautres sont répandues dans Je Désert de Libye, & ne sont que des espècesde modèles de celles dont nous venons de parler; quoique quelques-unesd’elles soient assez considérables, particulièrement une qui est située au Sud-Ouest des premières, environ vingt milles plus avant dans le Désert, & àlaquelle les Ecrivains anciens «Sc modernes n’ont point paru faire attention,quoiqu’elle n’en fût pas moins digne qu’aucune de celles qui ont été leplus vantées.
L’Opinion commune veut que le nom de Pyramide est dérivé du MotGrec Pyr ou Pur, qui signifie du Feu ; & que ces Ouvrages ont été ainsiappelles, à cause de leur figure, semblable à celle de la Flame qui se ter-mine en pointe. D’autres, dont Vosftus semble approuver le sentiment (c),disent que les Pyramides ont tiré leur nom de Pyros, qui signifie dans lamême Langue du Froment ; parce qu’à leur avis ces Bâtimens ont été lesMagazins des anciens Rois d’Egypte. Mais un Ecrivain moderne, qui en-tend fort bien la Langue des Coptes, a puisé une autre étymologie dans cet-te Langue, en laquelle Pour o signifie un Roi ,6c Mifi, une Race ou Généra •tion. Suivant lui, la raison, pour laquelle on désignoit les Pyramides parce nom, est parce qu’elles avoient été érigées pour conserver la mémoirede certains Princes & de leurs Familles, «Sc pour servir de Preuves Généa-logiques à leurs Defcendans (jl) *.
(a) Plin. L. XXI. c. 15. *»*• Steph. de Urb. Voce ïivpctfilhí.
(O Nomb. XI. 5. W Wilkins Diffère, de Ling. Copt. p. ioS*
CO Vofïïi E cy mol. Ling. Lac. Voce Pyra-
* Cet Ecrivain tâche de fortifier son sentiment de f autorité à'Hérodote, eu faisant dire k