Buch 
1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
Seite
333
JPEG-Download
 

DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE,-ChapJIL S33épée ; & les Egyptiens s en servent pour tenir des playes'ouvertes : la d- Sect rge réduite en cendres, sert auíìì à guérir les playes qui ne sùnc pas invété- n-r.,.,-,,■rées. C est de cette Plante que les Anciens faisoient leur Papier à écri- dere, qui a tiré Ion nom de-ià. ils prenoient pour cet effet ia moelle de la —tige, dont ils jbrmoient une pâte, & ensuite du papier;-mais d’autresprétendent qu’ils y employoient l'écorce intérieure de la Plante. Avantque l’Agriculture eûc atteint en Egypte un certain degré dé perfection 1ce Papyrus scrvoic à tout : on s'en nourriffoic ; on en faisait des habits *des bâteaux, des utensiles, des couronnes pour les Dieux, & des soulierspour les Prêtres. Mais ces Inventions ont fait place à d’autres plus uti-les; & la Plante, dont il s'agi t, est présentement négligée (a).

Le Lin d’Egypte, particulièrement une sorte, étoit si beau & si bien fi-lé, qu’on pouvoic à peine en appercevoir les fils (b). 11 croissoit en lì

grande abondance, que les Egyptiens en a voient, non seulement affez pourhabiller leurs Prêtres (qui ne portoient pas autre chose) Sí les Personnesd’une condition distinguée (c),& pour envelopper leurs Morts; mais aulìipour en envoyer une quantité considérable dans les Pays Etrangers. Le finLin d'Egypte étoit fort estimé dans tout Y Orient (d): & une forte plus sineencore, nommée Byffus, étoit quelquefois teinte en Pourpre & si chèrequ’îl faííoic être très riche pour en pouvoir porter. ' *

Le Lotus , qui croît abondamment dans la Baffe-Egypte, principalementprés de Rushid ou Rosette, est appeiié par les Habitans al Bashnîn, & estune espèce de Nénuphar, ou Lis d 'Etang, Ses feuilles flottent fur l’eauà en couvrent la surface; & on en entrelaíToic autrefois les fleurs dans lesCouronnes des Vainqueurs. Les anciens Egyptiens faifùient du pain decette Plante sechée; ils en mangeoient aussi la racine (e), qui est rouge& de la grosseur d’une Pomme. Ce Lotus est différent d’un Fruit du mê-me nom, qui servoit de nourriture aux Lotophagi (/). Les Arabes fontjusques à ce jour une Boisson de ce Lotus Egyptien, qui est admirable pourtempérer le trop de chaleur du sang, & ils en mangent la tige, qui estfort humide & fort rafraîchissante (g), fans aucune préparation.

Le Henna, nommé Aicanna par les Botanistes; est un Arbrisseau quipousse un grand nombre de branches, bes feuilles font semblables á cellesd’un Olivier ; mais plus courtes, plus larges, & d’un plus beau verd.

Ses fleurs, qui font rangées à peu près comme celles du Sureau, ont uneodeur admirable, <St font employées par les Egyptiens dans leurs Bains (/;). ■

Les femmes peignent leurs ongles avec une couleur rougeâtre tirée de cet--te Plante, en guise d’ornement.

f d) Lucas ,Voyag. T. I. p. 249. &c. Roi-íin, Hist. Aïi c. V01..1. p, 106. Plin. L. X«Lc, n.

ay Plin. Nat. Hist. L. XIX. c; 1.fc) Genes. IV. 42.

ç/j Prov. VII. 16. Ezécb. XXVII. 7.

(é) Herod. L. II. Diod. Sic. L. I.p.30,.(/', Herod. L. IV. Theophr. Hist. Plant?*.L. IV c. o.

(gj Lucas, ubi supra, p. 257,.

(ft j Idem ibid.'.

Vv- 3 ,