DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. Iíí. 351ces Bâtimens , hormis leur prodigieuse grandeur (s) , quoiqu’on aie pu Sect. I.les mettre autrefois au rang des Merveilles du Monde, lorsqu’ils étoient, Descriptionà ce qu’on prétend, garnis de marbre,avant que les derniers Rois d’Egyp - rkl’Egypte.
te l’eussent fait enlever pour en orner leurs Palais (b) ; qui est urre Anec--;-
dote dont la vérité ne nous paroit pas assez certaine pour oser en être les mi ^J 0 ce< ,garants. Cependant, un Voyageur distingué par son génie juge que les ^ZaJJes.Pyramides, telles qu’eiles sont â présent, sont des Ouvrages dignes dela magnificence des anciens Rois Egyptiens ; ajoutant qu’il n’y a pas à pré-sent de Prince au Monde (sans faire tort à aucun) qui soit en état de faireconstruire un pareil Edifice (c). D’anciens Ecrivains disent que les Py-ramides étoient des Bâtimens magnifiques au-delà de toute expression,
& chacune en particulier comparable à plusieurs grands Edifices de la Grècejoints ensemble; qu’elles surpassoient tous les autres Ouvrages de Y Egypte,non seulement en fait de grandeur & de dépense , mais aussi à l’égard del’industrie & de l’habileté des Ouvriers. Les Egyptiens e-ux-mêmes étoientdans l’idée (fans contredit très raisonnable) que les Architectes, qui ontexécuté l’entreprise , méritent plus d’admiration que les Rois qui ont dé-pensé des sommes immenses pour en faciliter ['exécution ; car les prémiersy ont employé leur adresse & leurs connaissances, & les autres n’y ont misque des richesses, qui leur étoient venues par héritage, & par les travauxd’autrui (d).
Une chose très digne d’être observée dans la première Pyramide est, que Pmicula-les côtés en sont tournés vers les quatre parties du Monde, & marquent par bienconséquent le vrai méridien de l’endroit *; poíîtion qui, suivant toutes Eâsles apparences, ne sauroit être l’effet du hazard : & ce qui nous confirme l *J rémiì 'dans ce sentiment, c est la position du Tombeau donc nous avons fait men-tion; preuve solide & durable, que les Egyptiens ont fait de bonne heurede grands progrès dans ['Astronomie (e).
Hérodote fait mention d’un pont situé près de cette Pyramide, & pres-que aussi considérable que la Pyramide même ; mais il n’en paroit plus lemoindre reste. Ce pont avoit environ 5 milles en longueur , 60 piésen largeur, & 80 piés dans l’endroit de fa plus grande hauteur. II étoictout de pierres polies, fur lesquelles étoient gravées les figures de
(«) Figueroa Emb. di Períìa. Sicard, Mem. (d) Herod. L. II. Diodor. L. I. p. 57-des Miss. T. II. p. 281. (e) Fontenelle , Elog. de Mr. de Cbazel-
(O Sieard, ibid. les, p. 91. Lucas, T. I. p. 366.
(0 Thevenot, Voy. Toni, II. c. 5. p. 423,
424.
* Mr. de Chazelles , Auteur de cette Observation, & qui éto it furies lieux fan 1693,ayant été un excellent Mathématicien , nous ne saurions nous dispenser de donner ici lesdimensions de cette Pyramide, telles qu’il les a prises; & cela avec d’autant plus de plaisir,qu’elles approchent le plus de celles de Mr, Gr caves. Le côté de la base est , suivant cetEcrivain, de 110 Toises , qui sont 704880 piés $ Angleterre ; & la hauteur perpendiculairede 77 Toises & 3 quarts, ou 498222 piés (i).
(O Rolliu, Kist. Ane. T, I. x. 29,